du 24 au 25 janvier 2023

Théâtre

La bibliothèque de ma grand-mère

Tatjana Pessoa

Collectif Novae

Dominique Houcmant
Dominique Houcmant

Présentation

Amour, Bin Laden, Communisme, Contes portugais, Drogues, Déclin de l’Empire américain, Femmes… Wanda est née le 31 janvier 1920. Elle est morte en 2017, à presque cent ans. Après sa mort, sa petite fille, Tatjana Pessoa, décide de mener une enquête sur sa bibliothèque, dont chaque livre est minutieusement archivé. Avec deux collaborateurs, elle entreprend le voyage jusqu’à Lisbonne, et découvre, en parcourant les lettres et les notes griffonnées sur les ouvrages, une indépendante, amoureuse, vulnérable, impulsive, intransigeante, curieuse. Une femme qui a écrit de façon obsessionnelle afin de combler le manque causé par la mort de son mari. Jusqu’à entretenir une "correspondance posthume", ensemble de fausses lettres qu’elle s’est écrit à elle-même au nom de son défunt mari. La bibliothèque de ma grand-mère est un spectacle qui utilise les procédés du documentaire en amenant sur le plateau des éléments fragmentaires du réel. L’enquête qui sert à alimenter le matériau du spectacle fait partie inhérente de la mise en scène. Le spectateur doit traverser l’appartement pour rejoindre sa place et contourner les différents bibelots, livres et écriteaux qui se trouvent au sol, rappelant les vestiges d’une fouille archéologique. Dès l’entrée dans la salle, il est projeté en plein cœur d’une histoire familiale aux résonances universelles. L’héritage privé devient un événement public, un espace de mémoire et de création, lieu symbolique où les vivants ont beaucoup à apprendre des morts


Note d'intention
« Ma grand-mère est morte en 2017. Elle s’appelait Wanda Gamboa Pessoa Chaves da Fonseca Ferrao. Elle est née le 31 janvier 1920. Elle aura vécu presque cent ans.   
Après sa mort, je décide de mener une enquête sur sa bibliothèque, d’abord parce qu’elle me manque, et ensuite parce j’ai l’intuition que cette bibliothèque a beaucoup à raconter. Ma grand-mère possède énormément de livres, tous rangés et archivés selon un ordre précis.   
Amour, Borges, Botanique en Afrique, Bin Laden, Communisme, Contes portugais, Drogues, Descartes, Déclin de l’Empire américain, Éducation, Famille, Femmes, Goethe, Hitler, Humanité, Hegel, Iran/Irak, Macrobiotique, Mort, Nietzche, Oiseaux, Palestine, Portugal, Pessoa, Primo Levi, Rêves, Sorcières, Salomé, Salazar, Utopies, Tricot, Da Vinci, Zola...   
Et dans chaque livre elle souligne des phrases, écrit des notes personnelles.   
Je commence à ouvrir ses livres, à la recherche d'indices sur son enfance à Lisbonne dans les années 30, son lien avec Fernando Pessoa - le cousin célèbre de sa propre grand-mère -, son départ vers l’Angola juste après la seconde guerre mondiale, son retour vers le Portugal après la dictature de Salazar. Je découvre qu’elle entretient un vrai dialogue avec ses livres, plus riche que le dialogue qui n'a jamais existé́ entre elle et moi. Je découvre qu’elle aussi a écrit de façon obsessionnelle pendant des années, afin de combler le manque causé par la mort de son mari. Je découvre qu’elle est loin d’être la silhouette sévère que j’ai projetée sur elle. Je découvre qu’elle est une femme forte, indépendante, amoureuse, vulnérable, impulsive, intransigeante, généreuse, curieuse, ...   
Je veux me laisser imprégner par tout ce que la bibliothèque de ma grand-mère contient : les voix des morts et des vivants que j’entends quand je parcours ce long couloir rempli de livres, les morts et les vivants qui remplissent aussi ma propre bibliothèque à Bruxelles; les livres qui forment un tout et me racontent quelque chose d’une soif violente de compréhension, les livres en particulier qui me touchent, me blessent, me mettent en colère, m’éduquent, me font rêver, m’excitent, me font me sentir vivante ; le long monologue de questions qui se construit au fur et à mesure que je prends les livres et les ouvre, les notes de ma grand- mère qui me permettent de reconstituer une grand-mère fictive qui est bien plus que la somme de toutes ses histoires, mon regard de femme sur la vie de cette autre femme qui est née 61 ans avant moi; les rencontres faites autour de la bibliothèque.   
Je veux faire exister cette bibliothèque, ce lieu hors du temps qu’aucun autre lieu ne peut remplacer. 
Je veux faire de cet héritage privé un évènement public, créer un espace de mémoire et de création, un lieu symbolique où les vivants ont autant à apprendre des morts que les morts des vivants. » 
Tatjana Pessoa 


Biographie
Tatjana Pessoa est née le 16 septembre 1981 à Bruxelles. 
Elle part en Allemagne en 1996, où elle apprend l'allemand et a ses premières expériences théâtrales comme comédienne, ensuite en 2001 elle part en Afrique de l’Ouest, où elle est diplômée de l’Actor’s Studio d’Abidjan en Côte d’Ivoire en 2003, puis travaille avec des compagnies de danse et de théâtre au Burkina Faso. 
Elle revient en Belgique en 2004, et est diplômée du Conservatoire de Liège en 2008. Dans sa dernière année d’études, elle s’intéresse à la mise en scène et assiste deux de ses professeurs, Raven Ruëll et Françoise Bloch. Elle signe également, dans le cadre de cette dernière année l’écriture et la mise en scène de Eh ben moi, quand je serai grand, je serai fou, parce que quand on est petit et qu’on se tape beaucoup la tête sur les murs, eh ben quand on est grand, on devient fou, un travail de création sur la schizophrénie. 
Depuis 2008, elle a assisté plusieurs metteurs en scène dont Falk Richter, Anouk van Dijk, Franz Xaver Kroetz, Françoise Bloch, Isabelle Gyselinx,..., elle signe plusieurs traductions de pièces théâtrales dont Negerin de Kroetz. Elle travaille également comme regard extérieur ainsi que conseillère à la traduction auprès de plusieurs jeunes compagnies telles que Les deux Fridas pour Ajuste tes pensées petite sœur
En 2010, elle signe la mise en scène de M.J/ Léo ferré au festival francophone de Berlin. 
Entre 2012 et 2013, elle participe en tant que metteur en scène au projet Les iroquois qui regroupe le NEST de Thionville, le théâtre de Liège, le Staatstheater de Saarbrücken et le théâtre National du Luxembourg. 
Elle a écrit pour Gabriel da Costa un spectacle pour enfants, Lucien qui traite de l’immigration portugaise et du rapport père-fils, et met en scène le spectacle en février 2014 à l'Espace culturel Senghor. 

 

Séances et tarifs

Génerique

Une enquête menée par : Tatjana Pessoa, Edith Bertholet, Gabriel Da Costa, Saphia Arezki et Médéa Anselin • Mise en scène et interprétation : Tatjana Pessoa • Prise d’images et interprétation : Gabriel Da Costa • Documentation et interprétation : Saphia Arezki • Ecriture : Tatjana Pessoa avec la collaboration de l’équipe • Dramaturgie : Edith Bertholet • Assistanat à la mise en scène : Médéa Anselin • Création sonore : Aurélien Van Trimpont • Création lumières : Henning Günther • Scénographie : Christine Grégoire • Prise de son : Jean-Pierre Urbano • Régie générale : Olivier Arnoldy • Responsables production : Manon Faure, Romina Pace • Réalisation décors et costumes : Ateliers du Théâtre de Liège


Production : Théâtre de Liège et Collectif Novae • Coproduction : Théâtre de Namur • Avec le soutien en résidence ZEF – Scène Nationale de Marseille, La Bellone et CED Wallonie-Bruxelles Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de Wallonie-Bruxelles International 

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