du 04 au 07 avril 2023

Théâtre

La Pluie Daniel Keene

Rachel Ceysson & Marion Duquenne

Cie La Paloma

_ dans les établissements scolaires

Marion Duquenne

Présentation

Dans les années 2000, Rachel Ceysson est bouleversée en découvrant la pièce La Pluie, de Daniel Keene, au festival d’Avignon. Elle en fait d’abord un outil de dialogue, une matière à réflexion. Puis vingt-deux ans plus tard, avec la compagnie marseillaise La Paloma, à son tour elle se décide à le porter à la scène.

La Pluie ? Le monologue d’une trentaine de minutes d’une vieille dame. Hanna raconte. Elle se souvient de tous ces gens qui sont montés dans un train bondé sans retour et lui ont confié de petites choses qu’ils ne pouvaient emmener avec eux : une paire de chaussures d’enfant, un violon, une pomme, un petit flacon ambré rempli de pluie précieusement remis par un petit garçon… Parmi cette somme de trésors, certains résistent au passage du temps, d’autres s’effritent, pourrissent, retournent à la poussière. Comment, dès lors, en garder une trace et en transmettre l’Histoire ? C’est bien là le propre du devoir de mémoire : se souvenir de personnes qu’on n’a pas connues. Un spectacle comme celui-ci permet justement de continuer à les faire exister au présent.


Note d'intention
« Quand Rachel Ceysson m’a transmis le texte la pluie, pour en partager la mise en scène, je me suis d’abord demandé si c’était bien ma place. Je n’avais jusqu’à présent jamais tenu ce rôle pour La Paloma où j’ai été le plus souvent interprète puis collaboratrice artistique de Thomas Fourneau sur le spectacle Ravie. Et puis à la lecture de la pièce, j’ai compris à quel point elle résonne avec le travail de l’acteur. Michel Corvin disait : « Les acteurs sont des êtres de mémoire. » Ils créent en répétant, en refaisant. Ce qui me touche particulièrement dans ce texte c’est justement la tentative de mémoire, imparfaite, sensible, mouvante, c’est-à-dire vivante. Daniel Keene nous propose une quête presque impossible : comment nous souvenir de ceux que nous n’avons pas connus ? Hanna garde les objets qu’on lui a donnés, en prend soin, ils habitent sa maison, mais petit à petit ils tombent en morceaux puis en poussière, et aujourd’hui, elle se souvient, elle raconte. Quand on évoque le devoir de mémoire, on ne nous parle jamais de la nature de cette mémoire, de sa consistance, de ses contours mouvants et imprécis, de ses contaminations fortuites. Bref, on nous fait l’injonction d’une mémoire qu’on circonscrit pour bien la reléguer au passé. 
Dans Sur la scène intérieure Marcel Cohen témoigne d’une commémoration qui a lieu à l’hôpital où sa mère et sa sœur ont été détenues avant d’être envoyées au camp d’Auschwitz cinquante ans plus tôt. A la fenêtre il aperçoit deux infirmières de l’hôpital encore en fonction : « En dépit de leur recueillement leur petit air détaché semblait dire : "Le passé est le passé." Ce que j’aurais voulu rectifier ainsi : il n’y a pas avec le passé les frontières que vous imaginez (…) » Dans son indignation il exprime sa conviction profonde : dans l’acte de mémoire le passé et le présent sont en intime perméabilité l’un avec l’autre. La pluie nous incite à chercher cette perméabilité : une mémoire qui se crée sous nos yeux. Il nous faudra raconter le passé à l’inconditionnel présent du plateau. » Marion Duquenne  


Biographies
Rachel Ceysson
Elle obtient un diplôme d’interprétation dramatique de l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle, à Bruxelles, en 1997, et s’installe à Marseille en 1998. Depuis elle joue dans les spectacles de Thomas Fourneau avec lequel elle fonde la compagnie La Paloma. Au sein de celle-ci, elle est à l’initiative, en 2002, du spectacle Blanche Aurore Céleste, de Noëlle Renaude, dans lequel elle est dirigée par Guillemette Laurent. En 2012 elle entame une recherche sur un poème de Marina Tsvetaeva lors d’une résidence au Théâtre de Lenche (Marseille), c’est le projet Le Gars Fragments. En 2014 elle créée, avec Béatrice Courcoul, Ogre es-tu ? premier spectacle jeune public de la compagnie. Elle assure également le travail dramaturgique sur le spectacle Trust mis en scène par Thomas Fourneau. Elle travaille également sous la direction de Jeanne Poitevin, Isabelle Pousseur, Béatrice Bompas, Marie Vayssière et Renaud-Marie Leblanc. Elle exerce une activité pédagogique continue en parallèle de son activité de comédienne et obtient son DE de professeur de théâtre en mars 2019. 

Marion Duquenne
Après avoir suivi une formation à l’ERACM, elle entame un travail de laboratoire avec Didier Galas qui donnera lieu au spectacle Quichotte, une libre adaptation de l’œuvre de Miguel de Cervantes qui sera créée au théâtre de Nanterre les Amandiers. Elle participe aux premières créations d’Aurélie Leroux et Jean-Pierre Baro au sein de leurs compagnies respectives, la Compagnie d’A côté et Extime Cie. En parallèle, elle consolide son expérience dans la marionnette et le théâtre d’objet avec la compagnie Arkétal dirigée par Greta Bruggeman et Sylvie Osman. Elle collaborera avec Arkétal de nombreuses années, en tant qu’interprète et marionnettiste pour finalement co-mettre en scène avec Sylvie Osman le spectacle Le Bestiaire allumé sur les Fables de La Fontaine et leur ancrage dans notre mémoire collective. Dernièrement, elle joue dans Orphelins mis en scène par Vincent Franchi, Zoom par Marie Provence et Mo, une traversée de Marie Vauzelle. Sa collaboration en tant que comédienne avec La Paloma remonte à 2008 et au spectacle Early Morning, d’Edouard Bond, sous la direction de Thomas Fourneau, suivront 4.48 Psychose, Herself puis Trust. Ce partenariat au long court avec la compagnie la mène naturellement à participer à sa dernière création, Ravie, de Sandrine Roche, cette fois en tant que collaboratrice artistique de Thomas Fourneau.

Génerique

Mise en scène : Rachel Ceysson et Marion Duquenne • Texte : Daniel Keene • Traduction : Séverine Magois • Jeu : Rachel Ceysson • Lumières : Neills Doucet


Production : Cie La Paloma • Coproduction : LE ZEF - scène nationale de Marseille

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