du 09 au 12 mai 2023

Théâtre

Douce France

Julie Bertin & Jade Herbulot

_dans les établissements scolaires

© Lisa Surault
© Lisa Surault
© Lisa Surault

Présentation

Prise en flagrant délit de bavardage, Myriam, 15 ans, se voit infliger par sa professeure d’histoire-géo et d’éducation civique un exposé dont le sujet est : “Être Français, qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui ?” Les consignes sont on ne peut plus claires : hors de question de faire du copier-coller d’internet. La réponse doit être la plus personnelle possible ! 

Au CDI, Myriam tombe sur un manuel scolaire qui semble avoir été oublié depuis longtemps : "L'Histoire de France, de la Gaule à nos jours", d’Ernest Lavisse. C'est sûr, cet instituteur émérite va l'aider ! Mais lorsque Jenna, sa grande amie, lui laisse entendre qu'elle n'est pas vraiment française, les certitudes de l'adolescente vacillent. Elle est née sur le sol français, mais ses parents et ses grands-parents, eux, viennent d'Algérie, et avant cela, d'Espagne... donc ? 

Avec l'aide de sa mère, et en convoquant quelques fantômes, Myriam va enquêter sur l'histoire de sa famille, et trouver comment répondre à la question posée... 


Note d'intention
« L’expression “roman national” est ambivalente : visage vrai, unique, du passé de la France, mais simultanément objet littéraire faisant appel au rêve d’une multiplicité d’imaginaires”. Suzanne Citron, Le mythe national, Les éditions de l’atelier, 2019. 
“Après avoir achevé notre tétralogie Europe, mon amour à l’été 2017, nous avons décidé de nous consacrer à l’histoire contemporaine française, et, plus précisément, aux institutions de la Vème République, aujourd’hui fortement remises en cause par divers mouvements populaires (Nuit Debout, les Gilets Jaunes…), et par la reconfiguration inédite de l’échiquier politique suite aux dernières présidentielles. Approuvée par l’Assemblée Nationale et le Sénat le 4 octobre 1958, la Vème République paraît, soixante ans plus tard, comme à bout de souffle. Nombreux sont les ouvrages et les articles qui dénoncent un étiolement, voire une véritable faillite du modèle démocratique et républicain qui régit nos institutions. 
Lorsque certaines voix s’élèvent pour remettre en question la manière dont s’exerce le pouvoir aujourd’hui, elles sont accusées en retour de « rompre le pacte républicain », de dégrader, d’anéantir la démocratie. La question n’est sans doute pas d’établir qui a tort ou qui a raison, et il serait probablement dangereux d’y répondre en ces termes, de valider l’une ou l’autre position d’un point de vue moral. Il n’est pas non plus question de raconter que la politique n’est faite que de personnages cyniques, avides de pouvoir et que donc, elle ne sert à rien ! Bien au contraire. En revanche, ce qui, pour nous, éveille l’attention, est le craquellement, çà et là, de l’idéal démocratique de notre République. Quelles forces l’ont ainsi ébranlée ? La République s’est créée une identité propre en façonnant, au fur et à mesure de son évolution, un récit charriant dans son sillage quantité de références historiques et politiques. Mais de quoi cette mémoire sélective de l’Etat peut-elle être le nom ? Quels sont les implicites de la légende républicaine ? 
Nous sommes convaincues que derrière les discours, il y a des hommes et des femmes, mus par des affects qui guident leurs prises de décision. Nous montrerons ainsi comment l’adhésion à un parti ou à une idéologie s’apparente finalement à un système de croyance. Nous avons foi en un discours politique comme nous avons foi en un discours religieux. Il y a quelque chose qui demeure insondable, irrationnel et incontestable. Dès lors, il ne s’agit pas de dire qu’un discours vaut mieux qu’un autre, mais simplement de comprendre qu’ils s’inscrivent, indubitablement, dans des imaginaires historiques et politiques foncièrement différents. “Aujourd’hui, l’identité nationale ne peut plus être à racine unique, sinon elle s’étiole et se raccourcit”. Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Quand les murs tombent, Galaad, 2007 
Douce France se construira en écho à Roman(s) national. Issue d’une même réflexion, elle sera pour autant différente et donc complémentaire de la grande forme. Si le thème commun est celui du récit national, nous souhaitons ici mettre en lumière le rôle assigné à l’enseignement de l’histoire depuis la IIIème République et se questionner sur la manière dont la légende républicaine s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Les manuels scolaires ont été, selon l’historienne Suzanne Citron, témoins et relais à la fois, de notre mythologie nationale. Dans son livre Le mythe national, une histoire de France revisitée, elle explique brillamment comment la construction et le contenu de l’histoire de France est un récit scolaire daté qui s’écrit comme tel depuis le XIXème siècle. La France apparaît comme étant créée de toute éternité et trouvant sa légitimité a posteriori dans les conquêtes victorieuses de ses grands chefs, incarnant successivement la figure de l’homme providentiel. On y célèbre ainsi les avancées territoriales de la monarchie comme de la République. Les batailles victorieuses font l’objet de récits palpitants, celles qui sont perdues ne méritent pas qu’on s’y attarde. » Julien Bertin et Jade Herbulot


Biographies
Après des études de philosophie, Julie Bertin entre à l’école du Studio d’Asnières, puis intègre le Conservatoire national supérieur d’Art dramatique. Elle joue notamment dans L'Héritier de village de Marivaux de Sandrine Anglade. Elle débute comme metteuse en scène en adaptant L’Éveil du printemps de Frank Wedekind. Elle présente en 2018 au Festival Lyncéus Notre petite ville de B. de Lucie Digout, et au Théâtre de Belleville Le Syndrome du banc de touche, écrit et interprété par Léa Girardet. En 2019, elle met en scène Dracula, un opéra jeune public avec l’Orchestre National de Jazz. Elle crée aux côtés de Léa Girardet leur nouvelle pièce intitulée Libre arbitre, au Safran à Amiens en janvier 2022. 

Ancienne élève de l’École normale supérieure, Jade Herbulot entre à l’école du Studio d’Asnières, puis au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique après un master en études théâtrales sous la direction de Jean-Loup Rivière. En 2012, elle fonde avec Clara Hédouin le Collectif 49 701. Depuis, elle coécrit et co-met en scène une adaptation au long cours des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas sous la forme d’un théâtre-feuilleton joué in situ, en extérieur. Elle y interprète, entre autres, le cardinal de Richelieu. Au théâtre, elle joue notamment sous la direction d’Adel Hakim La Double Inconstance de Marivaux et de Pauline Bayle Iliade d’après Homère. 

Génerique

Conception, écriture et mise en scène : Julie Bertin et Jade Herbulot / Le Birgit Ensemble • Avec : Salomé Ayache • Administration, production : Blandine Drouin, Colin Pitrat, Manon Cardineau - Les Indépendances
 • Diffusion : Florence Bourgeon


Production : Le Birgit Ensemble • Coproduction : Le Théâtre de Chatillon • Avec le soutien du Théâtre Gérard Philippe Centre Dramatique National et du Théâtre de la Tempête • Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National • Le Birgit Ensemble est soutenu au fonctionnement par le Conseil départemental du Val-de-Marne, et par la Ville de Paris au titre de l’aide à la résidence artistique et culturelle.  

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