du 09 au 10 novembre 2021

Théâtre

Cartel

Michel Schweizer

Compagnie La Coma

© Frédéric Desmesure
© Frédéric Desmesure
© Frédéric Desmesure
© Frédéric Desmesure

Présentation

L’inclassable Michel Schweizer se plaît à créer des communautés provisoires, qui sont autant d’expériences chorégraphiques déjantées dont surgissent des gestes et des discours imprévisibles. Car il est aussi un chorégraphe de la parole, en témoigne l’étrange conversation qui a lieu dans ce Cartel aux marges du théâtre et de la danse. Pour cela, il réunit un ancien danseur étoile de l’opéra Garnier, un jeune danseur classique en formation, une chanteuse lyrique et des cyclistes locaux, qui pédalent pour éclairer le plateau. De cette « organisation du vivant inattendue » émerge une interrogation sur les normes de la virtuosité, à rebours des conceptions habituelles. Le danseur confirmé, dont la vie fut « saturée d’excellence », s’engage dans un travail de dépossession de son savoir-faire et de ses croyances. A l’âge du retour à la réalité de l’humanité ordinaire, il exhume des fragments de gestes inscrits dans son corps, pour un puissant hommage à la danse. Que reste-t-il de son individualité maintenant qu’il n’est plus porté par un corps de ballet ? Que va-t-il faire de cette liberté nouvelle ? Qu’est-ce qui pousse à faire le choix d’un art qui impose de s’extraire au monde ?


NOTE D'INTENTION


« Avec le projet de création Cartel j’ai choisi de tenter une collaboration particulière avec d’anciens danseurs étoiles. Comme pour mes précédentes pièces, tout ce qui sera constitutif de ce projet résultera de ma nécessité à générer une organisation du vivant inattendue mais, aisément reconnaissable - quand on pourra y déceler certains traits communs en matière de destinée humaine. Comment ces professionnels confirmés, à la vie saturée par l’excellence d’un savoir-faire et ses croyances associées, sauront retrouver une marge de liberté dans une sorte d’élan testamentaire ?
Il s’agira donc d’engager un travail de dépossession avec des danseurs arrivés au seuil d’une transition/reconversion dans leur histoire professionnelle et personnelle. Une sorte de dynamique de décroissance, qui cherchera à mettre au jour ce qui constitue et a constitué la verticalité intime, professionnelle et sociale de chaque danseur.
Il s’agira aussi d’interroger en creux une discipline historiquement référencée et protégée qui continue d’entretenir avec le présent une bien étrange relation… Quand, cet art de la danse qui sublime le corps dans une virtuosité normée, continue de laisser ses empreintes dans l ‘histoire de l’art vivant. 
Si, dans la collectivité humaine, mon intérêt continue de se diriger intuitivement vers des hommes, je m’intéresse plus particulièrement à ceux qui choisissent de mener des expériences en « amateurs », ceux qui aiment, cultivent et entretiennent au quotidien leur passion pour une pratique particulière et qui, dans le même temps, ont du apprendre à adopter une posture d’évitement. En choisissant de s’investir professionnellement dans une activité telle que la danse classique, les interprètes de Cartel se sont assurés la promesse d’une ascèse quotidienne : celle de les entretenir dans une distance permanente avec l’ordre du monde.
Ainsi, Cartel parlera surtout des hommes, d’une communauté emblématique d’hommes, dont l’art de la danse leur a imposé très tôt de s’extraire du monde, d’en esquiver sa complexe fréquentation. Et d’accepter un jour, que l’âge les contraigne à rejoindre les conditions héroïques de l’homme ordinaire… »

 


BIOGRAPHIE

Michel Schweizer n’est pas diplômé en biologie moléculaire. Ne cherche pas à « susurrer la danse à l’oreille ». Ne l’a jamais étudiée à Berlin, Paris ou New-York. Ne l’a pas pour autant découverte à l’âge de quatre ans. N’a toujours pas engagé de Plan d’Epargne Logement. Ne refuse pas la rencontre. N’a pas eu la chance d’apprécier l’évidence de la première fois. Ne saurait envisager son activité sans une profonde méfiance. Ne pourrait trouver d’autre mot pour définir ce qu’elle lui occasionne : du luxe. N’a toujours pas eu l’occasion de sourire de son prochain investissement : un costume Slim Fit Hugo Boss. Ni celle de réagir à sa paradoxale acclimatation au dehors. N’a toujours pas relu tout Deleuze. N’a pas la prétention de dire qu’il se trouve prétentieux. Ne travaille pas à « faire vibrer son sacrum ». Ne suppose pas la production sans ce(ux) qui la génère(nt) et l’autorise(nt). N’a pas lu La vie sexuelle de Catherine M… Ne feuillette que très rarement Les Echos ou La Tribune pour les pages publicitaires ou offres d’emploi. Regrette de ne pas avoir pu faire des études d’architecture, d’éthologie, de science du langage ou de design. Profite de l’enchantement que lui procure son appartenance à la classe créative de ce pays. »
Progressant dans l’âge se surprend à avoir un sens plus aigu de la trajectoire humaine. 
À abandonné tout hédonisme et égocentrisme ludique et accepté l’exubérance déclinante de ces capacités cérébrales. Absorbe chaque matin 4 grammes de Selenium-ACE Optimum 50 + parce que l’âge n’est pas une fatalité. Évite de penser que 7000 litres de sang circulent quotidiennement dans son cœur. Évite aussi de penser que son « profil » se dessine désormais en algorithmes. N’a pas entrepris d’audit pour évaluer sa réputation numérique.
Éprouve un certain appétit à expérimenter les « choses » dont il se sent incapable…
Depuis plus de 25 ans, il convoque et organise des communautés provisoires. S’applique à en mesurer les degrés d’épuisement. Ordonne une partition au plus près du réel. Se joue des limites et enjeux relationnels qu’entretiennent l’art, le politique et l’économie. Porte un regard caustique sur la marchandisation de l’individu et du langage. Se pose surtout en organisateur. Provoque la rencontre. Nous invite à partager une expérience dont le bénéfice dépendrait de notre capacité à accueillir l’autre, à lui accorder une place. Cela présupposant ceci : être capable de cultiver la perte plutôt que l’avoir…

Voir, écouter et lire

25 octobre 2020

La Terrasse

Un ardent hommage à la danse

04 décembre 2013

Télérama

Un puzzle de situations, de parcours et de sensations à nul autre pareil.

03 décembre 2013

Les Échos

Cartel ne manque pas d’humour même si, parfois, la gravité affleure.

Séances et tarifs

Autour du spectacle

Mardi 09 novembre

Rencontre à l’issue de la représentation

Génerique

Conception, scénographie, direction : Michel Schweizer • Collaboration artistique : Cécile Broqua • Création lumière : Yves Godin • Conception sonore : Nicolas Barillot • Contribution scénographique : Jeanne Gillard et Nicolas Rivet / adaptation de l'œuvre APPENDICES de Jeanne Gillard et Nicolas Rivet pour le projet CARTEL sur une idée de Sèverine Garat (curatrice) • Conception technique, réalisation : Jean-Luc Petit, Alexandre Burdin-François, Théo Reichel et Johann Loiseau • Régie générale : Jeff Yvenou • Régie son : Nicolas Barillot ou Johann Loiseau • Avec : Romain di Fazio, Jean Guizerix, Mael Iger, Dalila Khatir et Michel Schweizer 


 Production : La Coma • Coproduction : Opéra National de Bordeaux ; Etablissement public du Parc et de la grande Halle de la Villette (Paris) ;  La scène nationale d’Orléans ; OARA (office artistique de la région Aquitaine) ; IDDAC (agence culturelle de la Gironde) ; MC2, Grenoble ; Théâtre d'Arles, scène conventionnée pour des écritures d’aujourd’hui ; La Filature, scène nationale de Mulhouse ; Le Manège de Reims, scène nationale ; MA scène nationale, Pays de Montbéliard ; Malandain – Ballet Biarritz – Centre Chorégraphique National  • Aide à la résidence : Théâtre d'Arles, scène conventionnée pour des écritures d'aujourd'hui ; Centre départemental de créations en résidence - Conseil Général des Bouches-du-Rhône • Soutien : Théâtre de la Cité internationale, Résidence André de Gouveia et Maison du Brésil à Paris ; Centre National de la danse - Pantin (mise à disposition de studio) • Remerciements à : Elisa Boillot – Ostéopathe, Julie Nioche et Sèverine Garat

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