du 17 au 18 décembre 2020

Danse

May B

Maguy Marin

Compagnie Maguy Marin

© Hervé Deroo
© Hervé Deroo
© Hervé Deroo
© Hervé Deroo

Présentation

Chef-d’œuvre de Maguy Marin, près de quarante ans après sa création, May B bouleverse encore aujourd‘hui les codes et ne laisse personne indiffèrent, touchant au point sensible d’un questionnement universel. Une référence incontournable du répertoire de la danse.
 
Dix corps sans âge, au visage blafard et aux corps difforme s’égarent aux quatre coins du plateau, à la recherche d’un destin collectif mystérieux. Quiconque croise ces regards perdus, affronte ces pantins usés, poussiéreux et étriqués, en ressort troublé et bouleversé. Par la danse, ils expriment leur errance, dans une chorégraphie faite de mouvements étrangement familiers, intimes et instinctifs, portés par le rythme de leurs pas lourds sur le sol. Entre oppression du groupe et incapacité tragique à rester seul, les échappées sont rares. Ils se frottent, se repoussent, s’étreignent et racontent dans un méli-mélo de figures d’humanité absolue, le chao de l’existence et la beauté de sa fragile vie. La lecture des chefs-d’œuvre de Samuel Beckett et la rencontre avec l’auteur irlandais, sont à l’origine de cette pièce. C’est d’ailleurs la réplique mythique de Fin de partie « Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. » qui clôture ce ballet, lugubre et lumineux, autour des fêlures humaines.  


Note d’intention
« Ce travail sur l’œuvre de Samuel Beckett, dont la gestuelle et l’atmosphère théâtrale sont en contradiction avec la performance physique et esthétique du danseur, a été pour nous la base d’un déchiffrage secret de nos gestes les plus intimes, les plus cachés, les plus ignorés.
Arriver à déceler ces gestes minuscules ou grandioses, de multitudes de vies à peine perceptibles, banales, où l’attente et l’immobilité "pas tout à fait" immobile laissent un vide, un rien immense, une plage de silences pleins d’hésitations. Quand les personnages de Beckett n’aspirent qu’à l’immobilité, ils ne peuvent s’empêcher de bouger, peu ou beaucoup, mais ils bougent.
Dans ce travail, à priori théâtral, l’intérêt pour nous a été de développer non pas le mot ou la parole, mais le geste dans sa forme éclatée, cherchant ainsi le point de rencontre entre, d’une part la gestuelle rétrécie théâtrale et, d’autre part, la danse et le langage chorégraphique. »
Maguy Marin


Biographie
Danseuse et chorégraphe née à Toulouse, Maguy Marin étudie la danse classique au Conservatoire de Toulouse puis entre au ballet de Strasbourg avant de rejoindre Mudra (Bruxelles), l’école pluridisciplinaire de Maurice Béjart. En 1978, elle crée avec Daniel Ambash le Ballet-Théâtre de l’Arche qui deviendra en 1984 la Compagnie Maguy Marin. Le Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne voit le jour en 1985 : là se poursuivent un travail artistique assidu et une intense diffusion de par le monde.
En 1987, la rencontre avec le musicien-compositeur Denis Mariotte donne lieu à une longue collaboration. Une nouvelle implantation en 1998, pour un nouveau Centre Chorégraphique National à Rillieux-la-Pape. Un « nous, en temps et lieu » qui renforce notre capacité à faire surgir « ces forces diagonales résistantes à l’oubli » (H. Arendt). L’année 2011 sera celle d’une remise en chantier des modalités dans lesquelles s’effectuent la réflexion et le travail de la compagnie. Après l’intensité des années passées au CCN de Rillieux-la-Pape, s’ouvre la nécessité d’une nouvelle étape à partir d’un ancrage dans la ville de Toulouse à partir de 2012. En janvier 2015, Maguy Marin et la compagnie retrouvent l'agglomération lyonnaise. Une installation à Ramdam à Sainte-Foy-lès-Lyon qui enclenche le déploiement d’un nouveau projet ambitieux : RAMDAM, UN CENTRE D’ART.

Voir, écouter et lire

1986

The New York Times

(...) Maguy Marin est dotée du sens de la fantaisie et de l’absurde ; à travers lespièces de Samuel Beckett, elle a trouvé un objectif idéal pour méditer sur les absurdités de la vie. Comme lui, elle travaille avec des archétypes - les mêmes, et nous offrant des images universelles, elle fait en sorte que la conditionhumaine nous paraisse très spécifique. Les 10 danseurs sur scène constituent un amalgame des personnages de Beckett, leurs visages couverts par une couche de craie grise qui s’envolelorsqu’ils bougent. Vêtus de leurs costumes de nuit peu seyants, ils cheminent,solitaires et isolés, à l’unisson, avec des gestes remarquablement précis, vers ladécouverte de soi. Très vite, c’est le sexe qu’ils découvrent dans une séquence de mouvements fébriles et convulsifs ; plus tard, nous les observons dévoiler unegamme croissante d’émotions - hostilité, peur, et tendresse. (…)

Anna Kisselgoff

24 février 2019

Le Figaro

La pièce, en une heure trente de cadran, en dit autant qu'un long traité sur la condition humaine. Elle ne s'use pas et nous renvoie sans cesse au pauvre argile qui nous a façonnés. 

13 mars 2019

Danses Avec La Plume

May B. est un véritable ballet où les ensembles sont d’une beauté confondante

Séances et tarifs

Génerique

Chorégraphie : Maguy Marin • Avec : Laura Frigato, Lazare Huet, Antoine Laval, Françoise Leick, Lise Messina, Cathy Polo, Agnès Potié, Rolando Rocha, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda • Lumières : Alexandre Beneteaud • Costumes : Louise Marin • Musiques originales : Franz Schubert, Gilles de Binche, Gavin Bryars


Coproduction : Compagnie Maguy Marin, Maison des Arts et de la Culture de Créteil • La Compagnie Maguy Marin à rayonnement national et international est soutenue par le Ministère de la Culture (Direction générale de la création artistique Délégation à la Danse) • La Compagnie Maguy Marin est subventionnée par la Ville de Lyon, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et reçoit l’aide de l’Institut français pour ses projets à l’étranger