Le 02 février 2022 à 20h30

Théâtre

Communauté

Jonathan Châtel

Compagnie ELK

sur un texte de Sylvain Prudhomme

© Nick Olson & Lilah Horwitz

Présentation

Une falaise au bord de la mer, dans un espace-temps indéterminé... Vassili vit là, dans une grotte, loin de tout. Il ramasse et bricole ce que le ressac abandonne sur la grève. Il y a Katherine, que sa vie d’avant a laissée exsangue, qui rêve de reprendre des forces pour en reconstruire une autre. Et Nicolaos, unique survivant d’un sous-marin naufragé. Eux qui se pensaient solitaires farouches, se surprennent à se raconter, s’apprivoiser, se lier. En marge du trio, une mystérieuse inconnue vit seule, un peu plus loin, à portée de regard. Elle refuse tout contact mais nourrit la conversation et l’imaginaire du trio. Quand elle meurt, un vide improbable et sidéral saisit le petit groupe. Comment continuer dès lors ? Amis de longue date, Sylvain Prudhomme et Jonathan Châtel se sont associés pour porter Communauté à la scène. Au-delà des tragédies individuelles, cette pièce est à comprendre comme un appel à la joie et à l’amitié. Au-delà des ruines, des rêves et des peurs, existent la possibilité d’une communauté même imparfaite et la promesse de touches de douceur pour panser les blessures.


NOTE D'INTENTION

« Amis de longue date, compagnons de route, nous nous sommes associés avec l’écrivain Sylvain Prudhomme autour d’un projet pour la scène, Communauté. Il est l’aboutissement d’aspirations, de recherches, d’interrogations que nous partagions et creusions chacun de notre côté depuis des années, et autour desquelles, en amont même de l'écriture du texte, nous nous sommes régulièrement retrouvés pour les approfondir, les affûter.

Comment se confronter aux questions les plus cruciales de la vie, au plus près de l’élémentaire ? Qu’est-ce que cela fait d’être ensemble, au bord de la solitude ? Avec Sylvain Prudhomme nous voulions raconter cette quête de l’essentiel. Nous voulions un spectacle habité de souffle, de joie, d’onirisme, troué de suspension, de vertige, loin d’un réalisme pur. Nous avions le désir de raconter un à côté de la société, d’explorer des existences nues, dépouillées. Nous avions le désir de cette vérité-là.

Alors, à toutes les étapes, nous avons dialogué, partagé des expériences, des lectures (comme Le Désert des tartares de Dino Buzzati, Les Saisons de Maurice Pons), réfléchi aux moyens de donner, à ces questions qui nous travaillaient, l'acuité la plus grande possible. J’ai aussi, et cela a été déterminant pour nous, raconté à Sylvain Prudhomme l’histoire de mon arrière-grand-mère Inger Andvord, norvégienne exilée au Brésil, dont le mari, parce qu’elle avait un amant, s’est suicidé et a tué leurs deux enfants. Elle est revenue en Europe frappée d’opprobre par la société luthérienne de l’époque et est devenue une figure de la résistance contre les nazis en Norvège avant de finir sa vie en ermite dans la cabane au bord de la mer où je passe tous mes étés. Histoire forte, prégnante pour moi, que je décline souterrainement dans plusieurs de mes créations. Communauté ce sera aussi son portrait, transfiguré à nouveau, transformé par la joie et la fécondité d’un dialogue artistique. Et maintenant qu’une première version du texte est écrite, c'est en répétitions que le travail se poursuivra et s’amplifiera au plus près des acteurs, au plus près de la nécessité du plateau.

En parlant du processus de création de Communauté, je veux parler de la pièce, de ce qu’elle raconte de la force de transformation par l’autre. Car le destin de ces trois, Katherine, Vassili, Nikolaos, est celui de trois solitudes farouches qui, dans un lieu lointain dédié aux expérimentations de l’imaginaire, façonnent une vie commune envers et contre tout, contre l’orgueil, contre la lassitude, contre les obsessions et les peurs, contre la grande fatigue du monde.

Je vois Communauté comme une traversée âpre, existentielle, innervée par une langue et des corps à la fois ludiques et ontologiquement inquiets. En contrepoint, la pièce est pour moi habitée par des vagues de rêves, d’hallucinations, par des affects symbolistes et baroques, et met ainsi en tension, dans sa forme même, des paradoxes hautement porteurs de vie : ancrée dans le tangible, cruelle, implacable, Communauté a aussi la douceur d’une aquarelle.

En ces temps où tout tremble et se fissure, je veux que Communauté envoie un appel à l’amitié qui sauve. Comme une promesse que le monde peut garder un visage sensible. »

Jonathan Châtel


BIOGRAPHIE

Jonathan Châtel, né en 1979, est franco-norvégien. Il reçoit une formation d’acteur et étudie parallèlement la philosophie et les études théâtrales. Il cofonde la compagnie ELK en 2011 et met en scène Petit Eyolf (2012) d’après Ibsen, qu’il a retraduit et adapté. Cette première création a reçu le Prix du Public du Festival Impatience en 2013 et a été présenté à l’édition 2015 du Festival Théâtre en mai. Sa deuxième création, Andreas (2015), d’après Le Chemin de Damas d’August Strindberg, a été créée au Festival d’Avignon IN et au Festival d’Automne à Paris en 2015. En 2019, il a mis en scène son texte De l’ombre aux étoiles, au Théâtre de la Cité de Toulouse. Jonathan Châtel est également réalisateur, auteur et scénariste (Les Réfugies de la nuit polaire (documentaire) ; Ostinato, Louis-René des Forêts (film expérimental), Kirkenes (bande-dessinée)...). Il est aussi professeur au Centre d’Études Théâtrales de l’Université de Louvain-la-Neuve en Belgique et a publié en 2015 l’essai Henrik Ibsen, le constructeur, aux éditions Circé.

Séances et tarifs

Autour du spectacle

Rencontre à l’issue de la représentation

Génerique

Texte : Sylvain Prudhomme • Mise en scène, scénographie : Jonathan Châtel • Collaboration artistique : Sandrine Le Pors • Lumières : Marie-Christine Soma • Musique : Gabriel Des Forêts • Chant : Jeanne-Sarah Deledicq • Costumes : Fanny Brouste • Régie Générale : Didier Barreau • Avec : Pierre Baux (Vassili), Bérengère Bodin (Katherine), Francesco Italiano (Nicolaos)


Production : Compagnie ELK • Coproduction : le Grand R, Scène nationale de La Roche-sur-Yon ;  Théâtre du Bois de l’Aune - Aix-en-Provence ; LE ZEF - Scène nationale de Marseille ; Théâtre d’Arles, Scène conventionnée d’intérêt national - art et création - nouvelles écritures ; Pôle des Arts de la scène-Friche la Belle de mai - Marseille • Soutien : Département des Bouches-du-Rhône-Centre Départemental de créations en résidence ; Ministère de la Culture-Drac Hauts-de-France - Région Hauts-de-France ; Le Phénix, Scène nationale-Pôle européen de création - Valenciennes
 

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