du 04 au 05 mai 2023

Cuisine Théâtre Musique

La Rose Des Vents

Noémi Boutin & Emmanuel Perrodin

Pierre Dupraz
Pierre Dupraz
Pierre Dupraz
Pierre Dupraz

Présentation

Deux artistes sont en piste, Noémi Boutin armée de son violoncelle, et Emmanuel Perrodin, paré de son attirail de cuisine. Une musicienne et un chef qui mettent en commun leur sensibilité, leur gourmandise, leur goût du partage. Au-delà d’une simple recette et de ses ingrédients, une partition les relie, celle de la bouillabaisse. Ce plat typique de Marseille repose sur deux éléments indispensables : un petit poisson de roche appelé la rascasse qui donne à la soupe son petit goût corsé, et les vents, qui décident de la pêche du jour. 

Autour de cette marmite poétique ont été convoqués un écrivain, des compositrices et compositeurs. Ils ont enrichi la recette de leurs jeux de mots et de notes, de chants marins, mélopées culinaires, dialogues poissonniers… interprétés et assaisonnés à leur manière par la femme à l’archet et l’homme aux couteaux.

Au fait, ils ne sont pas seuls sur scène ! Des rangées de tables juchées sur tréteaux et recouvertes de toiles cirées nous accueillent, nous les convives alléchés.  


Note d'intention
« L'homme a inventé la bouillabaisse, mais le vent en dicte la recette du jour. Pour connaître le parfum que la soupe aura à midi, il suffit de humer à minuit l'odeur de la rose des vents. » 
Raymond Dumay, Du silex au barbecue - Guide géogastronomique de la France, 1971, Julliard (p. 18) 
Tout est né d’une rencontre entre un chef-cuisinier marseillais nomade, Emmanuel Perrodin, et une violoncelliste imprévisible, Noémi Boutin. La fascination entre ces deux-là naît immédiatement et se nourrira plusieurs années durant avant qu'ils rassemblent sur un plateau leur savoir, et surtout, leur sensibilité. Leur point de ralliement ? La bouillabaisse. L’intuition leur vient d’un texte que l’écrivain Raymond Dumay consacre à cette soupe populaire provençale. Il écrit : « L’homme a inventé la bouillabaisse mais le vent en dicte la recette du jour. Pour connaître le parfum qu’aura la soupe à midi il suffit de humer, c’est certain, à minuit l’odeur de la rose des vents ». Si cette phrase les touche c’est qu'elle les renvoie à une certaine façon d’appréhender le monde. Tous deux maîtrisent, c’est peu de le dire, la technique de leur art respectif. Et pourtant, ils en sont convaincus : la vie est ailleurs. Emmanuel n’a de cesse de répéter qu’un plat – et a fortiori, la bouillabaisse – est bien plus qu’une recette, bien plus que des ingrédients. Comme la musique, en somme.  
La bouillabaisse repose ainsi sur deux éléments indispensables : la rascasse, ce petit poisson de roche qui donne son goût corsé à la soupe ; et les vents qui auront dicté la pêche du jour. Tout ceci est donc à la fois absolument concret et éminemment poétique.  
C’est autour de cette poétique – qui peut aussi être joueuse, espiègle et surréaliste – qu’ont été convoqués deux compositrices (Misato Mochizuki et Oxana Omelchuk), et deux compositeurs (Antoine Arnera et Aurélien Dumont) ainsi qu’un auteur, Dominique Quélen. Jeux de mots et de langues, musiques de table électroniques, chants marins mélancoliques et évocations venteuses y côtoient des dialogues de poissons, des envolées oniriques et des sensations aquatiques envoûtantes, à mesure que les odeurs se diffusent et que l’appétit s’ouvre… Noémi chante, joue du violoncelle, provoque Emmanuel. Ce dernier, dont la voix de basse semble être taillée pour le théâtre, lui répond et raconte la bouillabaisse tout en la cuisinant.  
Hôtes et convives sont réunis sur le plateau. Ces derniers, attablés, sont accueillis par un thé iodé, se voient servir un vin blanc rafraîchissant et sont priés de confectionner l’aïoli qui viendra relever la dégustation. Noémi et Emmanuel sont juchés sur quelques praticables et se voient encadrés par un petit castelet qui vient délimiter un espace scénique garni de bois, de verre, de légumes, de poissons et d’épices. Le dressage et le service, idéalement, sont assurés par les étudiants d’un lycée hôtelier partenaire.  
La Rose des Vents est donc un petit théâtre cuisinier, une rêverie musicale et sensible autour de la bouillabaisse qui invite à rassembler la matière, les ingrédients, les corps et les âmes et convoquer émotions et souvenirs. La puissance évocatrice des odeurs et des goûts, on le sait, est immense : de la madeleine de Proust à l'odeur du feu de bois, notre imaginaire est un grand gourmand nostalgique. 


Biographies
Noémi Boutin
- violoncelle 
Après des études académiques au CNSMD de Paris, Noémi Boutin, dont la carrière est promise aux grands concertos, emprunte des chemins singuliers, passionnée d’aventures artistiques inédites. 
Elle « violoncelle » seule, en musi que de chambre (Quatuor Béla, Vanessa Wagner, Jeanne Bleuse, Alvise Sinivia…), joue du répertoire comme des musiques d’aujourd’hui (Daniel D’Adamo, Frédéric Pattar, Misato Mochizuki, Aurélien Dumont, Frédéric Aurier, Antoine Arnera, Eve Risser, Oxana Omelchuk...). Elle aime aussi à s’associer sur scène avec des artistes de toutes disciplines : Jörg Müller, Mathurin Bolze pour le cirque ; Pierre Meunier au théâtre ; et, côté gastronomie, aux côtés d’Emmanuel Perrodin.En 2015, elle fonde la Cie Frotter | Frapper qui se consacre à la diffusion et à la production de concerts et spectacles musicaux, à la production de disques ainsi qu’à la commande d’œuvres musicales. 
Emmanuel Perrodin (artiste de la Bande) - chef cuisinier 
Originaire de Franche-Comté, Emmanuel Perrodin, historien de formation, toqué à 30 ans, est passé par différentes tables avant d’officier en tant que chef dans les cuisines du Relais 50 sur le Vieux-Port à Marseille. Il quitte le restaurant en 2015 pour approfondir les rapports entre la cuisine et les arts au travers de performances comme Goûter l’Art ou Dans la chair du son aux côtés des Grandes Tables avec qui il collabore depuis plusieurs années. Cofondateur d’Œuvre Culinaires Originales, membre de Gourméditerrannée, ce passeur de mets et de mots est aujourd’hui en itinérance totale. Un nomadisme que cet infatigable agitateur d’idées cultive d’événements confidentiels en grands raouts populaires. 

Voir, écouter et lire

2 octobre 2021

Libération

Dans le conte musical La Rose des vents, qui s’écoute autant qu’il se déguste, le chef Emmanuel Perrodin, accompagné d’étudiants en CAP cuisine, a exploré les variations poétiques d’un mets purement phocéen.

Jacky Durand

Séances et tarifs

Génerique

Violoncelle : Noémi Boutin • Chef cuisinier : Emmanuel Perrodin • Musiques originales : Antoine Arnera, Aurélien Dumont, Misato Mochizuki et Oxana Omelchuk Avec la participation de Dominique Quélen • Scénographie & mise en scène : Marguerite Bordat • Regard extérieur : Benjamin Groetzinger • Conseil à la dramaturgie : Eddy Pallaro • Réalisateur en informatique musical & régie son : Max Bruckert - avec la participation de Charles Bascou • Création lumière & régie générale : Kamille Fau Régie • Logistique : Théo Vacheron • Construction : Jean-François Perlicius • Visuel : Gaelle Loth • Administration : Lise Déterne - L'Echelle


Production & diffusion : Capucine Jaussaud • Production : Cie Frotter | Frapper • Coproduction : gmem - CNCM de Marseille, Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de Savoie, Pôle Arts de la Scène - Friche la Belle de Mai, Les Quinconces - L'Espal, Scène nationale du Mans, Maison de la musique de Nanterre, Scène Conventionnée d’intérêt national. • Avec le soutien de : la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la SACEM et de la Comédie de Valence • Remerciements : au GRAME, Centre national de création musicale à Lyon et au Cube, Studio-Théâtre de Hérisson

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