Le mercredi 17 février 2027 à 20h

DANSE

À l'ombre d'un vaste détail, hors tempête

Christian Rizzo

l'association fragile

© Marc Domage
© Marc Domage
© Marc Domage

Présentation

Une maison, une cérémonie, un deuil. Des mots projetés. Une lumière laiteuse, de grands voiles, un sol blanc... Dans le sillage de ses précédentes créations, Christian Rizzo ouvre la scène aux forces de l’abstraction, sublime le quotidien et danse une fiction qui se dérobe sous nos yeux.
  
Sur une musique d’orgue envoutante, des tableaux évoquent avec grâce le cours de la vie et du temps qui passe. Les danseurs et danseuses s’unissent en un seul corps pour mieux s’échapper en rosaces, volutes, élévations et déséquilibres. On s’attache aux regards qu’ils et elles s’adressent, protecteurs et délicats, aux mains qui s’arriment les unes aux autres ou se posent tendrement sur une épaule. Leur groupe se forme, se divise, et se recompose peuplant le vide de présences et de fantômes. Dans cette ambiance d’attention réciproque, plane pourtant comme un regret, le sentiment diffus d’un paradis perdu... 

Une danse de l’infime et de l’essentiel, où chaque mouvement semble retenir quelque chose au temps qui s’échappe. 


À PROPOS
Texte de Noëmie Charrié

À l’ombre des gestes et des choses qui s’accomplissent sans que l’on y prenne garde, une attention, soudain, se déploie. Et si le quotidien le plus infime était l’espace, sinon le lieu, qui nous relie à l’invisible ?

Pour commencer, il faut imaginer une image très simple, très ordinaire.

Presque une scène de la vie quotidienne. Peut-être quelqu’un qui nettoie une surface. Une personne, pourtant, entièrement requise par ce qu’elle fait. Ses mouvements sont extrêmement suspendus, concentrés, appliqués. Comme une proposition chorégraphique où l’action s’accomplit pour elle-même. Comme le frémissement d’une fiction qui se dérobe. Dans le sillage de ses précédentes créations, Christian Rizzo ouvre la scène aux puissances de l’abstraction, sans pour autant la soustraire au(x) spectre(s) du théâtre. Mais ici, c’est dans le battement et à l’interstice de ces deux dimensions que le réel de la danse peut apparaître. Grâce à un système de surtitrage distillant des bribes textuelles, l’espace se fictionnalise et recontextualise sans cesse le travail du chorégraphique. En parallèle d’une danse très organique, reliant physicalités engagées et suspensions, des situations apparaissent et disparaissent au gré d’une lumière en mouvement. Porté par une composition musicale pour orgue, un groupe de danseur.euse.s se forme, se divise, et se recompose sous le regard d’une structure labile. Ainsi la répétition échappe à la multiplication : en filigrane des absences, des trouées, se dessine un espace propice à l’apaisement. Un fragment, un détail, à la recherche d’une joie sereine.

Pensée à ce jour comme une pièce épilogue à la trilogie de l’invisible que constituait « une maison», « en son lieu » et « miramar », « à l’ombre d’un vaste détail, hors tempête. » invite la notion de vide comme condition sine qua non de la relation à l’autre. Portée par une équipe de 7 danseur·euses, la composition chorégraphique s’appuie sur des principes d’ellipses temporelles faisant dialoguer fragments et continuité dramaturgique. En quête d’un état d’apaisement heureux, la danse se glisse dans un écart fluidifié entre abstraction et récit, entre le concret du geste et sa puissance poétique. Fulgurances et suspensions s’accordent alors avec le son, la lumière et le textuel pour célébrer, en reprenant les mots du poète Phillipe Jaccottet : « Rien que l’espace, et au milieu, ce murmure, éternel.

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BIOGRAPHIE
Christian Rizzo fait ses débuts artistiques à Toulouse où il monte un groupe de rock et crée une marque de vêtements, avant de se former aux arts plastiques à la villa Arson à Nice et de bifurquer vers la danse de façon inattendue. Dans les années 1990, il est, en Europe, interprète et collaborateur auprès de nombreux chorégraphes contemporains, signant aussi parfois les bandes sons ou la création des costumes. En 1996, il fonde l’association fragile et crée des performances, des installations, des pièces solos ou de groupes en alternance avec d’autres commandes pour l’opéra, la mode et les arts plastiques. Depuis, plus d’une quarantaine de productions ont vu le jour. Christian Rizzo intervient régulièrement dans des écoles d’art en France et à l’étranger, ainsi que dans des structures dédiées à la danse contemporaine. 

En 2003 il reçoit le prix de la révélation chorégraphique du Syndicat de la critique pour « avant un mois je serais revenu… ». En 2013 il reçoit le prix de la Chorégraphie SACD pour l’ensemble de son travail et en 2014, le Grand Prix danse du Syndicat de la critique pour « d'après une histoire vraie ». En juillet 2014, il est nommé « officier des Arts et des Lettres » par le ministère de la Culture et de la Communication. En 2016 il est lauréat du Prix Ballet — FEDORA - Van Cleef & Arpels pour "le syndrome ian" (création 2016). En 2020, il reçoit de nouveau Grand Prix danse du Syndicat de la critique pour « une maison ». 

De 2015 à 2024 Christian Rizzo a dirigé le Centre chorégraphique national de Montpellier - Occitanie. Renommé ICI (Institut Chorégraphique International), il y a proposé une vision transversale de la création, de la formation, de l’éducation artistique et de l’ouverture aux publics. Prenant support sur les pratiques et les territoires, le projet ICI-CCN fut avant tout un espace prospectif englobant en un seul mouvement, l’invitation d’artistes, l’écriture du geste chorégraphique et les manifestations de son partage.

Depuis janvier 2025, ses projets sont de nouveau porté par l’association fragile désormais établie dans le village d’Aspet au coeur du pays commingeois. Il est artiste associé au CND / centre national de la danse pour les années 2025 et 2026. Il crée dans le cadre de la Biennale de Lyon 2025, une pièce de groupe à l’ombre d’un vaste détail, hors tempête. En chorégraphe, plasticien ou curateur, Christian Rizzo poursuit sans relâche l’élasticité et la mise en tension entre les corps et l’espace dans des récits où la fiction émerge de l’abstraction. 

Voir, écouter et lire

Télérama

Sur fond de courts poèmes projetés par intermittence, les tableaux dansés de Christian Rizzo évoquent avec grâce la vie et le temps qui passe.

L'Humanité

À l'ombre... s'avance en atelier du regard où le geste quotidien, cerné au plus juste, soudain stoppé dans son élan, se libère de son usage comme un volet sur une façade vide. Puis la danse s'éloigne, à mesure que la nuit, trouée d'éclats de luciole, gagne du terrain.

Muriel Steinmetz

Critique Théâtre Clau

Poétique. Émouvant. Onirique.

Claudine Arrazat

Séances et tarifs

Générique

Chorégraphie, scénographie, costumes : Christian Rizzo • Interprètes : Enzo Blond, Fanny Didelot, Hans Peter Diop Ibaghino, Nathan Freyermuth, Paul Girard, Hanna Hedman, Anna Vanneau • Création lumières : Caty Olive • Création musicale : Pénélope Michel et Nicolas Devos (Cercueil / Puce Moment) • Texte : Célia Houdart • Régie générale : Jérôme Masson / Victor Fernandes • Régie son : Delphine Foussat • Régie lumières : Clément Huard / Romain Portolan • Administration, production : Les Indépendances, Hélène Moulin-Rouxel et Colin Pitrat • Remerciements : ICI CCN Valérie Gauthier, Bruno Capodagli, Josiane Collerais, Anne Bautz et Anne Fontanesi 


Production : l’association fragile • Avec le soutien de : Dance Reflections by Van Cleef & Arpels ; la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée • Coproduction :  ICI—Centre chorégraphique national Montpellier – Occitanie ; Bonlieu scène nationale d’Annecy ; CND Centre national de la danse ; La Biennale de Lyon ; TANDEM Scène nationale Arras.Douai ; Théâtre de Nîmes - Scène Conventionnée d'Intérêt National Art et Création Danse Contemporaine ; ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie ; CCN • Ballet de l’Opéra national du Rhin dans le cadre du dispositif Accueil Studio 2025 ; Espaces Pluriels - scène conventionnée d’intérêt national Art et création – danse à Pau ; Théâtre Auditorium de Poitiers (TAP) ; Festival d’Automne à Paris ; MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny ; La Place de la Danse – CDCN Toulouse Occitanie ; La Scène Nationale d’Albi-Tarn / GIE FONDOC ; Scène nationale du Sud-Aquitain ; Le Théâtre scène nationale de Saint-Nazaire • Création soutenue par le Département de la Haute-Garonne • Accueil en résidence Cndc – Angers • l’association fragile est soutenue par le Ministère de la Culture – Direction générale de la création artistique • Christian Rizzo est artiste associé au CND en 2025 et 2026 

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