Le 18 janvier 2023 à 20h30

Danse

famille

Via Injabulo førm Inførms + Emaphakathini

Marco Da Silva Ferreira, Amala Dianor

Via Katlehong

© Franck Couvreur
© Pedro Sardinha
© Christian Ganet
© John Hogg
© John Hogg
© John Hogg

Présentation

L’incontournable compagnie sud-africaine Via Katlehong invite deux talentueux chorégraphes européens, Amala Dianor et Marco Da Silva Ferreira, pour cette création en deux temps à l'énergie communicative et électrisante : Via Injabulo - "Vers la joie" en zoulou...

Førm Inførms
Marco da Silva Ferreira puise dans les racines du pantsula et réinvestit cette technique de danse contestataire, née durant l'apartheid en Afrique du Sud. Fondée sur des mouvements rapides et très articulés, cette danse de “squelettes” est la matrice d’une partition dans laquelle les interprètes deviennent des figures osseuses aux angles aigus… Les distorsions de cette masse se font alors métaphore du corps comme objet anthropologique portant en lui la mémoire du passé et ces gestes saccadés incarnent un profond désir de rébellion. Une danse du collectif, salutaire et à la fureur de vivre contagieuse
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Emaphakathini
Amara Dianor a toujours eu la volonté de déplacer les lignes de séparation pour créer de nouveaux espaces à défricher. Des espaces mêlés, métissés, dont les limites se brouillent, s’étirent à l’envie et surtout au gré du mouvement, qui est ici un principe d’abolition des frontières. En revisitant l’histoire de l’Afrique du Sud, Emaphakathini ("entre-deux" en zoulou) convoque à la fois les rythmes urbains et traditionnels, en s’appuyant sur la virtuosité jouissive des danses communautaires.


Notes d'intentions
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Emphakathini  

« Mon travail est basé sur un processus de métissage, c’est-à-dire une manière de repousser les frontières, de déplacer les lignes de séparation pour créer de nouveaux espaces mêlés, ces « entre-deux » (Emaphakathini en Zoulou) à défricher.  
Face à l’histoire de l’Afrique du Sud, je souhaite précisément me concentrer sur ce principe de mouvement puis d’abolition des frontières. Je souhaite entrer dans ces « entre deux », ces espaces augmentés, délimités mais extensibles à l’infini.  
Je m’appuierai sur la personnalité et l’histoire individuelle de chacun des interprètes des Via Kathelong en même temps que sur notre rencontre, c’est-à-dire sur ce que ces personnes et leurs vies convoquent en moi.  
Je parlerai d’assignation et d’émancipation. 
Je travaillerai à partir des nombreux rythmes qui pulsent en Afrique du Sud. Je chercherai les « entre-deux » des danses traditionnelles et de la danse urbaine, en m’appuyant cette fois sur le patrimoine technique des danses « Gumboots » et « Pantsula » déployées en Afrique du Sud. Je serai à la recherche de nouveaux paysages visuels et organiques inclusifs de toutes les personnalités et de tous les corps, fragiles et puissants, qui composent ce magnifique groupe urbain des « Via Kathelong ». » Amala Dianor 
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førm Inførms 
« En recherchant quelques lignes directrices pour mon travail avec les Via Katlehong, j’ai senti le besoin de revisiter les archives de mes créations précédentes. Je devais en effet d’abord saisir les raisons de l’invitation que la compagnie m’avait faite et trouver ce que mes pièces pouvaient apporter à cette collaboration. 
N’étant jamais allé en Afrique du Sud et ne connaissant aucune communauté sud-africaine au Portugal, je me suis a priori senti sans ressource pour construire un récit suffisamment évocateur de ce qui nous réunissait. 
Dans ma formation de danseur et d’artiste, je me suis d’abord intéressé aux danses d’origine afro-américaine (popping, new style, krump, house dance, etc.) et au kuduro, un style venu d’Angola.Puis, ces dernières années, mes recherches ont surtout porté sur le clubbing, tout en étant toujours liées à la signification de la danse au niveau social, ou comme construction d’une identité collective. 
Le langage chorégraphique de la compagnie Via Katlehong vient essentiellement de l’isipantsula, un mot zoulou qui signifie « marcher ou bouger avec les fesses en saillie ». 
En 2015, pendant la création de Brother avec ma compagnie, nous avons trouvé une chorégraphie très articulée, d’amplitude modérée mais rapide. Nous l’avons intitulée « les squelettes ». J’ai ensuite composé une partition chorégraphique dans laquelle on pouvait imaginer des corps, dotés de leur seul squelette, qui dansaient et formaient des figures osseuses et aigues. Si, d’un côté, l’idée était macabre, de l’autre, elle soulignait la métaphore du corps comme objet anthropologique portant en lui la mémoire du passé. Ces idées m’ont accompagné tous ces derniers mois, avec une envie croissante de réactiver cette composition fantaisiste et fantomatique et de la faire dialoguer avec les Via Katlehong. L’isipantsula, le kuduro, la house dance, le top rock semblent unis par un schéma corporel en perpétuelle décomposition et recomposition. Ils se fondent sur une énergie collective qui les organise, les transforme et les libère de toute règle. Les corps désarticulés et tonifiés sont bien davantage que des formes douloureuses, ce sont des formes exprimant la rébellion de l’antihéros par leurs contorsions. » Marco Da Silva Ferreira 


Biographies
Après un parcours de danseur hip hop, Amala Dianor intègre l’Ecole supérieure du Centre national de danse contemporaine d’Angers (CNDC, promotion 2002). Il travaille ensuite pendant 10 ans comme interprète pour des chorégraphes de renom aux univers très différents (hip hop, néo-classique, contemporain et afro-contemporaine).  
En 2012, il crée sa compagnie et son écriture est immédiatement identifiée : glissant d’une technique à l’autre avec virtuosité, il hybride les formes et déploie poétique de l’altérité. Depuis la création de son solo Man Rec en 2014, il travaille avec la complicité du compositeur électro-soul Awir Léon qui crée les musiques originales de ses spectacles. Il s’associe aussi ponctuellement avec des artistes chorégraphes, compositeurs, écrivains, plasticiens, metteurs en scène... En 2019, il signe sa première grande forme pour neuf danseurs contemporains et classiques, intitulée The Falling Stardust et actuellement en tournée.  
En 2021, il crée deux nouvelles pièces courtes : le trio Point Zéro qu’il interprète avec ses amis danseurs Johanna Faye (co-directrice de F.A.I.R.E, CCN de Rennes), et Mathias Rassin (multiple champion du monde de top rock) ; et le solo Wo-Man avec lequel il prolonge au féminin l’écriture de son propre solo Man Rec.  
En 2021, à la recherche de nouveaux publics connectés, il s’associe au plasticien Grégoire Korganow et invente une série de courts-métrages de création intitulée CinéDanse dont le premier opus, Nioun Rec, est diffusé sur culturebox.fr dans le cadre de Monuments en mouvement et sélectionné notamment parmi les films de danse du catalogue de la Villa Albertine aux Etats-Unis.  
En 2022, Amala Dianor figure parmi les 4 chorégraphes européens élus pour être accompagnés par le réseau Big Pulse Dance Alliance (Europe créative). Amala Dianor s’engage parallèlement pour la transmission et la formation et entreprend depuis 2018 un projet de coopération en faveur de l’émergence en Afrique de l’Ouest avec le projet Siguifin. Il s’agit d’une création collective avec les chorégraphes Ladji Koné, Alioune Diagne et Naomi Fall, pour 9 danseurs du Burkina-Faso, du Sénégal et du Mali, dont la Première plateau a lieu à Suresnes Cités Danse en 2022. La même année, Amala Dianor choisit de répondre à une commande des Via Katlehong pour 8 performers sud-africains, création qui sera créée au Festival d’Avignon 2022.
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Marco Da Silva Ferreira est né en 1986 à Santa Maria da Feira (Portugal). Il est diplômé de physiothérapie. Artiste professionnel depuis 2008, il a dansé entre autres avec André Mesquita, Hofesh Shechter, Sylvia Rijmer, Tiago Guedes, Victor Hugo Pontes, Paulo Ribeiro. Marco a travaillé comme assistant artistique de Victor hugo Pontes pour Fall et Se alguma vez precisares da minha vida, vem e toma-a. En 2014 il a été assistant sur le mouvement dans la pièce de théâtre Hamlet de Mala Voadora. Depuis, il collabore avec d'autres artistes pour de petites co-créations.  
Son travail de chorégraphe se développe autour des danses existantes dans l'environnement urbain. C'est une recherche continue sur le sens de la danse qui émerge aujourd'hui, représentée de manière abstraite et autobiographique.  
Les pièces les plus marquantes de la carrière de Marco sont HU(R)MANO (2013) qui faisait partie de la promotion 2015 d'Aerowaves et a été présentée dans des festivals internationaux à Barcelone, Mercat des las Flors ; Paris, Atelier Carolyn Carlson (June Events) ; Rio de Janeiro, Festival Panora ; Lublin Dance Theatre, Pologne ; Londres, The Place, Currency Festival ; Meylan, l'hexagone ; Festival (re)connaissance, Grenoble ; Lyon, Les Subsistances.  
BROTHER (2016) a été créée au Teatro Municipal do Porto et faisait également partie de la sélection d'Aerowaves en 2018. La tournée internationale a été longue : Paris, Théâtre des Abbesses ; Biennale de Lyon ; Julidans, Amsterdam ; Hellenic Festival, Athènes ; Charleroi Danse ; La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc ; Scène Conventionnée Danse, Pau ; Centre de Développement Chorégraphique National, Strasbourg ; Espace 1789, Paris ; Interplay Festival, Turin, Italie ; Le Grand T, Nantes ; Théâtre Jean Vilar, Paris ; Teatros del Canal, Madrid ; Kinneksbond, Centre Culturel Mamer, Luxembourg ; Le Quartz, Scène nationale de Brest ; Dansens Hus, Oslo. Cette pièce a reçu plusieurs critiques de médias spécialisés qui ont renforcé la reconnaissance de l'auteur.  
Bisonte (2019) a été créée au Teatro Municipal do Porto et présentée dernièrement au Teatro Municipal São Luiz, Lisbonne ; La Raffinerie, Bruxelles ; PT'19 à Montemor-o-novo et devait avoir en 2020 une tournée internationale ...  
Sur la saison 2018/2019 Marco était artiste associé au Teatro Municipal do Porto. Il est devenu artiste associé au Centre chorégraphique national de Caen en Normandie pour les années 2019, 2020 et 2021.

Voir, écouter et lire

Le Monde

Marco da Silva Ferreira leur a découpé une partition au carré, Form Informs. Un très bel enchevêtrement d’unissons distribue les escouades de danseurs dont la gestuelle, sidérante, striée de frappes de pieds, est nouée magiquement serré.

Le Monde

Les habits multicolores glissent vers le noir et blanc pour la fiesta intitulée Emaphakathini (« entre-deux », en zoulou), d’Amala Dianor [...] Il aère leur gestuelle, négocie des zones d’ombre et de perplexité dans leur cavale virevoltante.

Séances et tarifs

Génerique

Chorégraphies 
Première partie – førm Inførms : Marco Da Silva Ferreira
Deuxième partie - Emaphakathini : Amala Dianor  


Avec : Julia Burnham, Katleho Lekhula, Monicca Magoro, Lungile Mahlangu, Tshepo Mohlabane, Kgadi Motsoane, Thato Qofela et Abel Vilakazi • Musique førm Inførms :  Jonathan Uliel Saldanha • Musique Emaphakathini : Awir Leon • Lumières : Cárin Geada • Costumes / Stylisme førm Inførms : Dark Dindie styling concept • Costumes / Stylisme Emaphakathini : Julia Burnham • Régisseur général : Alexander Farmer • Directeurs de projet : Buru Mohlabane et Steven Faleni (Via Katlehong) • Diffusion : Damien Valette • Coordination : Louise Bailly  


Production : Via Katlehong Dance, Damien Valette Prod • Coproduction : Chaillot Théâtre National de la Danse, Théâtre de la Ville - Paris, Maison de la Danse - Lyon, Festival DDD - Teatro Municipal do Porto, Le Grand T – Théâtre de Loire Atlantique, Créteil - Maison des Arts, Festival d’Avignon, Espace 1789 – Scène conventionnée danse de Saint-Ouen • Merci à la Ville d'Ekurhuleni : Département du sport, des loisirs, des arts et de la culture.

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