du 07 au 08 avril 2022

Cirque

famille

Les jambes à son cou

Jean-Baptiste André

Association W

© DR
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Présentation

Partir du bon pied, se jeter tête la première, avoir le cœur sur la main, finir sur les rotules, tordre le cou à une idée reçue, garder la tête sur les épaules… Elles sont une ribambelle ces expressions toutes faites dont nous faisons usage à tour de bras. Elles brouillent les pistes entre le propre et le figuré : faut-il dire ce que l’on fait ? Ou faire ce que l’on dit ?

Notre corps a bon dos pour fleurir le langage. Loin de lui faire tourner les talons, cela a interpellé l’artiste circassien Jean-Baptiste André, qui s’est amusé à décortiquer ces expressions et dictons dont nous raffolons. Pour les prendre au pied de la lettre. Passer de la métaphore au concret. Articuler le corps et le langage. 

Les trois acrobates-danseurs de cette fantaisie ludique et joyeuse (Quentin Flocher, Fanny Alvarez et Jean-banptiste André) s’adonnent donc tout autant à une gymnastique de l’esprit qu’à des chorégraphies collectives très imagées. Qui parleront d’une certaine manière aux petits et d’une autre, aux grands. C’est sûr, tout le monde applaudira des deux mains ! 


NOTE D'INTENTION

Il y a eu d’abord pour moi la rencontre avec l’auteur Fabrice Melquiot qui a comme décapsulé cette possibilité de prendre la parole sur un plateau, ouvrant la voie d’une théâtralité assumée, d’une part dans l’incarnation sur scène, d’autre part dans la dramaturgie de l’action physique. Les spectacles S’enfuir – 2011, puis L’espace – 2012 créés à quatre mains, dans un écho immédiat jusqu’au corps à corps des présences sur scène, a ouvert le champ de possible d’une langue qui trouve sa justesse au diapason de celle du corps. Cela a désacralisé la prise de parole et le rapport au texte, devenant une même matière ou un même mouvement du corps qu’une roulade arrière ou qu’un saut main. Se sont construites ensuite d’autres créations, dans lesquelles ce rapport entre le geste et la parole s’est précisé, approfondi, cherché encore, aventuré un peu plus loin.

Dans Millefeuille (2014), il s’agissait de raconter un parcours, d’expliquer comment faire un équilibre sur les mains, et de donner à entendre les sensations à l’intérieur. En sollicitant Eddy Pallaro, j’avais ce souhait qu’un texte sous-tende le spectacle et permette une prise de parole construite. J’ai donc passé commande à Eddy pour ce texte, qu’il a composé à partir de dialogues que nous avons eus et de nombreux échanges, de rencontres avec les élèves, de temps d’observation en salle de classe, d’échappées imaginaires et de principes d’écriture entre le corps et les mots que nous avions posés.

Cette riche collaboration a dépassé les lignes définies au départ, et s’est enrichie au fil du temps. Eddy a fini par me mettre en scène dans la proposition, et ce travail s’est transformé en une véritable co-écriture. Jouer Millefeuille, c’est donc porter ce travail à la fois physique (une partition qui s’adapte à l’espace de la salle de classe) et théâtral (un registre de jeu entre le réel et le fictionnel, en interaction avec les élèves, qui rebondit sur leurs réactions, passant du didactique à l’abstrait, du démonstratif au sensible).

Dans Deal (2019) nous avons d’abord travaillé avec Dimitri Jourde à partir du corps, dans son énergie, dans une certaine qualité physique, dans une impulsion à la lisière du cirque et de la danse. La lecture de la pièce ‘Dans la solitude des champs de coton’ de Bernard-Marie Koltès a cristallisé cette physicalité à la lumière des mots, comme s’ils donnaient un sens profond, quelque chose qui pouvait se faire écho entre le langage d’un texte et le mouvement des corps. Il nous a semblé que quelque chose entrait en résonnance, dans un certain champ lexical, un phrasé, un vocabulaire âpre et soyeux, lyrique et retors. Nous sommes donc allés vers la parole, le souffle et la voix comme extension du corps.

Tout récemment dans L’orée (2020), nous avons campé avec Eddy Pallaro le récit de deux individus en perdition, dans un duo se jouant au sein d’un espace neutre. Dialogue entre deux personnages, ce travail nous a positionné immédiatement dans une action en train de se faire, un récit qui se déplie en même temps qu’il s’énonce, mettant aux prises un plus jeune qui veut continuer et un plus vieux qui veut abandonner. Voix et mouvement ne s’arrêtent pas, deviennent indissociables. Tout en visitant plusieurs registres d’interprétation, les corps s’accrochent l’un à l’autre. Ce travail nous a remis à l’endroit du jeu, tant dans le processus de création (passé par beaucoup d’improvisation) que dans l’incarnation sur scène (dans l’effort physique et la concentration-distanciation à tenir).


BIOGRAPHIE

Passé par la gymnastique, Jean-Baptiste André s’est formé au Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne où il se spécialise dans les équilibres sur les mains et le travail du clown. En 2002, il fonde l’Association W au sein de laquelle il développe depuis ses projets (plus d’une quinzaine de propositions artistiques, allant de spectacles, conférence, cycle de film). Chaque projet est un nouvel espace de tentative, d’expérimentation guidé par un engagement physique et un croisement des disciplines échappant ainsi à toute catégorie ; pour mentionner les plus récents : Pleurage et scintillement (2013), Millefeuille (2014), Floe (2016), A brûle-pourpoint (2018), Deal (2019), L’orée (2020). En 2005, il a été le premier artiste de cirque lauréat du programme Villa Médicis Hors Les Murs et est parti en résidence au Japon. Il s’investit dans de nombreuses collaborations, et parallèlement à ses projets, il est aussi interprète auprès de chorégraphes et metteurs en scène. Il a reçu le prix ‘arts du cirque’ de la SACD en 2017.

 

Séances et tarifs

Génerique

Conception, mise en scène, chorégraphie : Jean-Baptiste André • Trois interprètes sur scène : Jean-Baptiste André, Quentin Folcher, Fanny Alvarez • Texte et collaboration à la dramaturgie, mise en jeu : Eddy Pallaro • Collaboration artistique : Mélanie Maussion • Regard dramaturgique : Michel Cerda • Création sonore : Michel Cerda • Création lumière : Stéphane Graillot • Régie générale : Julien Lefeuvre • Création costume : Charlotte Gillard • Photographe associé : Benoît Thibaut • Administration, suivi de production : Christophe Piederrière • Diffusion : Geneviève Clavelin


Production : Association W • Coproduction : Théâtre Nouvelle Génération - CDN, Lyon ; LE ZEF - scène nationale de Marseille ; TJP - CDN, Strasbourg ; Théâtre de la Passerelle, Scène nationale, Saint-Brieuc ; L’équinoxe, Scène nationale de Châteauroux ; Le Canal, Scène d’intérêt national, Redon ; Théâtre d’Angoulème, Scène nationale ; Scène du Jura, Scène nationale ; Pôle Sud, CDCN - Strasbourg ; Théâtre de la Parcheminerie, Rennes ; Le Pont des Arts, Cesson-Sévigné • Soutien : Ay-Roop, scène de territoire pour les arts de la piste, Rennes ; Lillico jeune public -Rennes ; Centre Culturel Le Tambour - Université Rennes 2

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