du mardi 20 septembre 2022 au lundi 03 avril 2023

EXPO

Springfield x Saint-Louis Mythologies contemporaines

Philippe Conti

Springfield © Philippe Conti
Springfield © Philippe Conti
Springfield © Philippe Conti
© Philippe Conti
© Philippe Conti
© Philippe Conti

Présentation

Mythologies contemporaines est une installation photographique. Il y a d'abord Springfield du nom de cette ville fictive, où se jouent les aventures des célèbres héros d’un dessin animé satirique. C’est aussi devenu le surnom de Vitrolles, petite ville non loin de Marseille, agrandie par des aménageurs dans les années 1960 et qui, avec cette extension, portait son lot d’espoirs. Le paysage, espace théâtral bien réel, est celui de la ville nouvelle et du mythe qu’il porte en lui. Entre béton et ruralité, avec ses roches ocrées, ses grandes avenues, centre commerciaux, cinémas et grosses voitures... Vitrolles revêt des airs de banlieue américaine. Jouant avec la symbolique du décor, Philippe Conti porte un regard décalé sur l'espace urbain. Éclot un travail sur l’imaginaire qui nourrit les représentations car, ici, la forme procède d’une interprétation du réel et contribue à perpétuer les mythes sous-jacents à la ville nouvelle.

Non loin de là : Saint-Louis. Territoire aux limites mouvantes, coincé entre fleuve et mer telle une presqu’île, n’a longtemps accueilli sur ses terres hostiles qu'une mince population nomade de pêcheurs-chasseurs, ou de pirates s'abritant dans les marais du delta, avant de devenir la cité industrialo-portuaire que nous connaissons aujourd’hui. De cette époque, une forme d'habitat particulier a été conservée. Dans le delta parmi les marais, au milieu d'un paysage composé de lagunes, d’étangs, de dunes et de zones marécageuses, se cachent encore des cabanes. Héritières des cabanes-bateaux et autres constructions vernaculaires, elles étaient construites selon un plan simple. Les premières, en bois de récupération, servaient parfois d’habitation, sinon d’abri pour la chasse ou la pêche. Ces activités, loin d'être alors un loisir, conféraient un revenu supplémentaire aux ouvriers du port. Détruites lors de la seconde guerre mondiale, elles furent reconstruites en dur avec les matériaux abandonnés par les soldats allemands. Avec le temps, elles sont progressivement devenues des lieux de villégiature attestant de la force de la tradition et de la vivacité du mythe qui les accompagne. La ferveur avec laquelle sont préservés ces modestes édifices témoigne de l'attachement des autochtones à cette tradition et à leur volonté de la transmettre. Reconnue avec le temps comme un symbole communautaire fort, la conservation de ces cabanes passe par la reconnaissance du patrimoine paysager auquel elles appartiennent.

À travers ces paysages théâtraux et les personnages aux allures de héros qui les habitent, Philippe Conti capture l'espace urbain, l’habitat, le loisir et, à travers eux, interroge les façons de vivre ensemble, dans des lieux imprégnés d'Histoire. Les mythes se révèlent alors, puissants, constitutifs de ces territoires... Qui du mythe ou de l'Homme influence l'autre ? 


BIOGRAPHIE

Philippe Conti vit et travaille à Marseille. En 2001, Médecins Sans Frontières co-produit son travail intitulé Chronique Palestinienne, qui débouchera sur une exposition et une revue traduite en cinq langues. En 2004, il publie aux éditions Images en Manoeuvres un ouvrage intitulé On dirait le sud.... En 2006, suit le livre Djelem, djelem. En 2008, Fragment un travail réalisé en Jordanie auprès de réfugiés Irakien victimes de la guerre est remarqué par le jury de Photographie.com et sera exposé à la BNF. Parallèlement, il est sélectionné - grâce à son travail sur le Plan d’Aou à Marseille - par John Davies alors curateur projet Cities On The Edges à Liverpool, qui rassemble six grandes villes portuaires Européennes. Une exposition et l’édition d’un livre ont été présentées en novembre 2008 à Liverpool alors capitale européenne de la culture. 

Il assure par la suite la direction artistique du projet La nouvelle ville avec le collectif Transborder qui rassemble photographes, iconographe, vidéaste, créateur sonore, graphiste avec lesquels il présentera une exposition au J1 dans le cadre de Marseille – Provence 2013 capitale européenne de la culture.

Ses recherches photographiques posent la question de l’altérité. Il essaie d’interroger ce concept à la fois d’un point de vue ethnologique et ontologique en posant la question de l’autre dans un contexte géographique et social où l’identité revêt à la fois une dimension individuelle et collective. C’est le plus souvent dans le cadre immédiat de la vie quotidienne, les espaces intimes où les gens mènent leur vie que ce travail prend forme. 

Il collabore régulièrement avec la presse et les institutions culturelles. Philippe Conti fait partie depuis janvier 2010 de l’agence coopérative de photographes PICTURETANK. 

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