du 28 janvier au 08 février 2020

Théâtre

Virginia à la bibliothèque

Édith Amsellem

Cie ERd’O

D’après Un lieu à soi de Virginia Woolf

© Vincent Beaume

Présentation

Une chambre à soi de Virginia Woolf sommeillait sur les étagères du salon d’Edith Amsellem lorsque la nouvelle traduction de l’écrivaine Marie Darrieussecq lui a redonné toute son actualité. Son étude minutieuse de la place des femmes dans l’histoire de la littérature s’inscrit très justement dans le contexte féministe actuel. Faisant sienne la vie de l’auteure britannique jusqu’à sa descente dans les gouffres de la folie, Édith Amsellem la fait revenir de l’au-delà pour tenir une conférence dans une bibliothèque. Virginia Woolf déambule ainsi au milieu des esprits qui sommeillent dans les livres, bousculant le quotidien du lieu et provoquant d’insolites rencontres...

Compagnons de la première heure de la compagnie ERd’O, la comédienne Anne Naudon et le musicien scénographe Francis Ruggirello, orchestrent, non sans humour et avec une belle fantaisie, la rencontre entre ce texte puissant et un lieu à nul autre pareil, de connaissance et d’émotions, qu'est une bibliothèque.

Un vibrant hommage aux femmes et à la création.


 

NOTE D’INTENTION


« Cette année ma fille, en première littéraire, a passé les épreuves anticipées du BAC.
Lorsque j'ai découvert la liste des textes que son enseignante lui faisait préparer pour l'examen oral de français, je suis tombée des nues. Sur 38 textes présentés, seulement 4 étaient signés par des femmes : un trio d'auteures du XVIème siècle, Louise Labé, Pernette du Guiet et Marguerite de Navarre, réunies autour de la thématique Les femmes parlent d'amour (!), puis une contemporaine Simone Swartz Bart. D'après mes calculs ça fait 10 %.
J'ai enquêté auprès de collégiens et lycéens dans d'autres établissements et d'autres filières, puis j'ai contacté quelques professeurs de français que je connais pour les interroger sur le sujet, le constat était le même, en 2018 les femmes sont toujours autant absentes des manuels scolaires et des œuvres sélectionnées aux examens.
J'ai poursuivi mes investigations en allant sonder les prestigieux prix littéraires notamment le Nobel accordé à seulement 14 femmes depuis 1901 ou le Goncourt à 12 femmes depuis 1903.
Face à la réalité des chiffres je me demandais : sans transmission aux jeunes générations ni consécration honorifique, comment les femmes vont-elles pouvoir prendre leur place au patrimoine ? Je tournais autour de ces questions sans savoir par quel bout les prendre. Puis un matin, je me postais devant ma propre bibliothèque que je classe obsessionnellement par ordre alphabétique et pays d'origine et me mis à dénombrer les auteurs par sexe. Je commençais par l'étagère littérature française : "homme homme homme femme homme homme homme homme..." et même si la seconde moitié du XXème rééquilibrait un tant soit peu le paysage, ma bibliothèque était le reflet de ce qu'on nous enseigne à l'école.
J'arrivais à la partie littérature anglo-saxonne et je continuais "homme homme homme femme".
Je m’arrêtais net.
Un lieu à soi de Virginia Woolf, pris en étau entre un Shakespeare et un Oscar Wilde, se mit à scintiller.
Je le libérais difficilement de la pression horizontale et me replongeais dans ce pamphlet brillant.
Tel une tentative de réponse à ma problématique sur la place des femmes dans l'histoire de la littérature, cet ouvrage devenait ce jour-là, la clé de voûte de mon prochain spectacle. »


Édith Amsellem

 


 

BIOGRAPHIE


Très jeune, Édith Amsellem commence la danse classique et rêve de devenir une étoile.
À 12 ans, elle réussit le concours d’entrée de l’Opéra de Marseille et prend très au sérieux l’exigence de cette grande maison. Malheureusement (ou heureusement), lorsque la puberté libère toutes ses hormones, elle se fait renvoyer pour cause de morphologie trop généreuse… Elle ne deviendra pas danseuse.
Durant ses études elle tâtonne : Bac B, BTS graphisme, Maîtrise de conception et mise en œuvre de projets culturels. En parallèle, elle travaille dans des théâtres à Marseille, ouvreuse au Gymnase, caissière aux Bernardines puis graphiste au Badaboum. Elle découvre d’innombrables spectacles.
En 1999 elle rencontre Eva Doumbia qui, précisément parce qu’elle n’a aucune expérience, lui confie le rôle de Rosette dans On ne badine pas avec l’amour de Musset. En 2000, elle rejoint Anne Marina Pleis dans l’aventure des Taxis-Théâtre, à Marseille, Bruxelles et Metz. Ce projet atypique qui emmène les spectateurs dans des voitures en prenant la ville pour décor, lui ouvre les yeux sur la pertinence de l’espace réel pris comme toile de fond dans la narration d’une fiction. Elle travaille ensuite sous la direction de Laurent de Richemond, Franck Dimech, Pascal Farré, Christophe Chave, Jean-Marie Arnaud Sanchez…
En 2005, elle prend part à la création du Collectif En Rang d'Oignons. Elle joue et participe à l’écriture et à la mise en scène de tous les spectacles : A la Mounette, Je vois un Loup, Ai-je bien vu le méchant courir au fond de la Scène et Pierre et le Loup. Elle tire l’équipe hors des salles de théâtre : plage, bar, maison de retraite, muséum d’histoire naturelle, mais quelque chose résiste. Le groupe implose en 2010.
En 2011 elle prend la direction de la compagnie ERd'O et avec son désir de théâtre dans des lieux spécifiques, lance son premier projet de mise en scène, Les Liaisons dangereuses sur terrain multisports d’après Choderlos de Laclos. En 2015, elle crée Yvonne, princesse de Bourgogne sur château-toboggan d’après Witold Gombrowicz et 2018 J’ai peur quand la nuit sombre pour parcs et jardins à la tombée de la nuit, d’après des versions du Chaperon rouge issues de la tradition orale.

Séances et tarifs

Autour du spectacle

Génerique

D’après Un lieu à soi de Virginia Woolf • Traduction de l’anglais par Marie Darrieussecq • Adaptation : Édith Amsellem et Anne Naudon • Mise en scène : Édith Amsellem • Avec : Anne Naudon • Création sonore et scénographie :  Francis Ruggirello • Costume : Aude Amédéo • Coiffures et maquillages : Geoffrey Coppini • Reliure : Myriam Plainemaison • Micromécanique : Olivier Achez • Régie générale : William Burdet


Production : ERd'O • Coproduction : LE ZEF - scène nationale de Marseille, La Criée - Théâtre national de Marseille, Le Pôle Arts de la Scène - Friche la Belle de Mai, Le Théâtre de Châtillon, Le Dôme théâtre à Albertville, La Passerelle scène nationale de Gap, Festival Scènes de Rue à Mulhouse, Carré-Colonnes scène nationale de Saint Médard en Jalles • Avec le soutien de la DGCA - Ministère de la Culture et de la Communication, de la DRAC PACA, de la Ville de Marseille, du Département des Bouches-du-Rhône