Théâtre Cinéma

Marie Lelardoux

Artiste de la Ruche

émile saar

Suite à de précieuses années universitaires en études théâtrales et de littérature, faites d'éclairages et de rencontres, elle obtient une maîtrise intitulée 'Sur le chantier d'un spectacle en construction' (suivi de répétitions de Matthias Langhoff), poursuit son apprentissage dans des conservatoires de théâtre des arrondissements de Paris, puis auprès de Claire-Ingrid Cottanceau, dont elle sera l’assistante durant cinq saisons (de 2001 à 2005). De ces expériences vécues selon l'énoncé du linguiste De Saussure : « le point de vue crée l'objet », naît un désir de « composer » des spectacles, dans un travail d'écriture et d'assemblage rythmique et sensible. Elle crée la compagnie émile saar à Marseille en 2003. En équipes, elle y conduit depuis son travail de mise en scène. Ses créations théâtrales et radiophoniques sont guidées par une réflexion sur la nature de l'existence, et par la recherche d'un doux silence éclairant.

Ses créations se nourrissent aussi d'ailleurs et de pas de côté, dans une recherche permanente d'apprentissages et d'inscription sociale. Elle accompagne d'autres artistes : Alban de Tournardre en espace public, Béatrice Kordon et Vincent Joly sur la réalisation de leurs films... Elle se forme par de stages sur le son, les archives sonores, la radio et la voix : avec Daniel Deshays, et à l'INA, à France Culture, à la phonothèque de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme... Elle participe également, en tant qu'interprète, aux laboratoires de Raffaella Giordano, de Daria Deflorian & Antonio Tagliarini, de Carol Paimpol... et assiste à ceux de Marie Vayssière et de Catherine Germain.

L'origine de la compagnie (2003) provient d'une reconnaissance dans les arts de la représentation, essentiellement dans ce langage qu'est le théâtre. Là où se décortiquent et se reconstituent les existences, dans le jeu de la scène. Les créations de la compagnie explorent et expérimentent le langage de la représentation pour rendre visible l'invisible, pour passer 'sous la peau', dans les écarts, les silences et le souffle. Si un outil pouvait représenter la compagnie, ce serait un microscope : déconstruire les acquis et soulever, révéler les mots et les gestes induits. Questionner l'être là. Sur des plateaux épurés, au fil des années, chaque spectacle se rapproche toujours plus des acteurs qui interprètent, avec une précision chorégraphique et musicale, une partition.

Rencontrer la Gare Franche / Cosmos Kolej (où elle répètera, depuis, chacune de ses créations), permet un lien privilégié de 2010 à 2018 à travers le Théâtre des Bastides (atelier mené avec un même groupe d'enfants du quartier Saint-Antoine). De 2009 à 2015, le Théâtre des Bernardines et Alain Fourneau la soutiennent, alors que se tisse (depuis la création d'Utopia, tous des barbares) une complicité avec le 3bis f – lieu d'arts installé au cœur de l'hôpital psychiatrique Montperrin. Une grande fidélité aussi, depuis l'origine de la compagnie, avec le Théâtre Antoine Vitez d'Aix-en-Provence.  Enfin au fil des spectacles, des partages se trament avec le Théâtre Joliette, le Théâtre des Halles (Avignon), le Théâtre Durance, la Gare Mondiale (Bergerac), l'Entre-Pont à Nice, l'ARIA en Corse. Enfin le choix de Marie Lelardoux de s'exiler une année à Palerme a permis de tisser des liens entre le travail de sa compagnie et l'île italienne, tant comme lieu de création que d'ateliers.

Une spécificité de la compagnie est le travail sur la durée, de longues et fidèles aventures avec des lieux ou des groupes. La création n'est pas véloce, chaque projet se trouve être l'objet de divers(es) expériences/chantiers avant d'aboutir à sa forme théâtrale. Ces spectacles se construisent à partir de collectes (témoignages, rencontres, sons, peintures...) réunis essentiellement par la metteure en scène Marie Lelardoux, à propos du sujet étudié par chaque spectacle. La question centrale des créations d'émile saar est : comment donner, moins à comprendre, qu'à entendre (par les mots et outre les mots) ?


RÉSIDENCE
• Au Vélo Théâtre - du 26 au 29 juin > Battaglia (dessous les oeillets)


DATES PASSÉES
• ÉCHOS (création universitaire avec le théâtre Antoine Vitez) d'après Les Bacchantes d'Euripide, du 28 février au 4 mars 2023 : en savoir +
• Intérieur table
 > 27 octobre 2022 au Festival Prima Onda à Palerme (Italie)


VOIR ET ENTENDRE
Théâtre : Utopia, tous des barbares > ici
Performance radiophonique : Comme si on pouvait s'en aller ici > ici
Atelier : Terra Nova > ici (code : BASTIDES)


LIRE
Dossier : Intérieur table & Cinéroman 


CRÉATIONS PASSÉES

Il y a des trous dans le déroulement du temps d'après Alessandra de Lycophron (2005),
Son visage au repos, en mouvement, de profil, de face, une vue immense (2008),
L C épouse Z (2008) avec Julie Kretzschmar,
La maison (2011),
Utopia, tous des barbares (2014),
Comme si on pouvait s'en aller ici – performance sonore (2016 et reprise en 2019),
Tout est calme (trop) – solo de théâtre (2017),
Intérieur – table (Sur le jour fugace) - création 2020 
& Terra nova, film atelier (2017),
Zig Zag, film de Vincent Joly (2018)