Le 07 octobre 2020 à 20h30

Théâtre

Zoom

Marie Provence

Cie 7e Ciel

sur un texte de Gilles Granouillet

© Raphaël Arnaud
© Raphaël Arnaud
© Raphaël Arnaud
© Raphaël Arnaud

Présentation

Déterminée à se défaire de son passé tumultueux, une mère, drôle et émouvante, projette sur son fils un avenir glorieux... Pour Burt, ce sera Hollywood ! Burt, comme Lancaster. Ce n'est pas un hasard pour celui qui fût conçu dans une salle de cinéma, lors d’une projection de Tant qu’il y aura des hommes...

Inspiré d’un texte de Gilles Granouillet, cette adaptation de Marie Provence s’approprie le monologue d’une mère, judicieusement incarnée par trois comédiennes pour mieux suivre la véhémence de sa parole et de sa pensée inconsciente. Le clownesque et le tragique nous emportent dans le tourbillon d’une vie qui défait à l’envi des codes bien-pensants de notre société. Triviale et lunaire, la mère de Burt nous embarque dans son délire jusqu'à un surprenant dénouement...
On en sort grisés d’une énergie retrouvée.


Note d'intention
« Si j’ai choisi de monter Zoom, c’est que dans cette histoire, ce qui m'intéresse c'est le focus sur cette figure de mère : son intelligence sensible, son pouvoir ravageur, les limites de l'inconcevable qu'elle frôle. Elle incarne aussi bien une mère monstrueuse qu'attachante, s'amusant avec les codes bien pensants que la société se complait à imposer. A la lecture, j’ai été séduite par la logorrhée du personnage, sa prise de parole instinctive et spontanée. Sa pensée qui se construit à vue, comme des pièces de puzzle. Une écriture qui permet une liberté de jeu, qui valorise le rapport au présent des comédiennes : être à vue et entrer dans la peau du personnage, travailler le mouvement des corps jusqu’à l’abandon, trouver l’invisible du visible. J’aime arrêter mon regard sur cette femme que l’on croise tous les jours sans la remarquer. Jouer avec les clichés. Entrer à l’intérieur de l’autre et trouver un monde surprenant, à des kilomètres de ce que l’on imagine. Le théâtre convoque les visions cachées, les secrets, les abîmes qui nous constituent. Nous sommes héritières de nos mères, des mères de nos mères. La sensation de ne pas être tout à fait soi face à certaines situations est fréquente. Il faut beaucoup de discernement et de courage pour prendre des décisions personnelles, surtout face à l’éducation de ses enfants. J’aime le risque que cette femme prend pour dévier sa route, juste avant le précipice. J'ai décidé de porter cette parole avec 3 comédiennes. Pour donner corps à la complexité qui nous constitue, avec les forces contradictoires émanant de ce qui nous est transmis, de ce qui nous traverse et de notre capacité à transgresser. Travailler au contre point de ce qui est écrit. Ne pas jouer l'anecdotique, mais dire le texte dans son rapport au présent, pour ouvrir toutes les portes à l'imaginaire. Tordre et détordre l'écriture de Granouillet. Une danse à trois où la parole se perd pour laisser place au nécessaire. » 
Marie Provence


Gilles Granouillet
Né en 1963 à Saint-Étienne, Gilles Granouillet fonde en 1989 la compagnie Travelling Théâtre. Auteur associé à la Comédie de Saint-Étienne de 1999 à 2010, il a mené un travail autour de l’écriture contemporaine. Plusieurs de ses pièces ont été mises en ondes par France Culture, sous forme de dramatiques radiophoniques. Ces textes sont traduits en allemand, italien, roumain, grec, espagnol… Il a été joué dans une douzaine de pays.

Marie Provence
Marie Provence a été formée au théâtre à Lyon par Janine Berdin, puis, à Paris par Nicole Mérouze, Joël Demarty, Pierre Pradinas, Alain Prioul, Hélène Cheruy. Elle est aussi diplômée de Sciences Politiques (I.E.P Grenoble). Après avoir travaillé en tant que comédienne, elle devient metteur en scène pour Pacamambo de W. Mouawad et L'enfant Sauvage de Bruno Castan. À partir de septembre 2015 et pour 5 ans, elle est accompagnée en tant qu'artiste par la structure des Théâtres dirigée par Dominique Bluzet.

La Compagnie
La compagnie 7e Ciel choisit des textes appartenant au répertoire contemporain, avec des thèmes forts qui parlent de ceux qui luttent pour échapper au formatage imposé par la société. La pensée s'ouvre pour susciter des débats, des interrogations, pour laisser une trace. Passer du rire aux larmes fait partie du processus de recherche dramaturgique, l'émotion est recherchée dans son rapport cinématographique (lumière, transitions musicales, ambiance sonore). Le travail du corps, en étroite collaboration avec des danseurs chorégraphes (Jean Jacques Sanchez ou Aurélien Desclozeaux) est un élément important dans la direction d’acteurs pour trouver une écriture de plateau qui enrichisse l’écriture dramaturgique.

Voir, écouter et lire

La Provence

Chorégraphie et dramaturgie explosives, on rit beaucoup au dépend des situations poignantes décrites par touches successives.

Zibeline

On est happé par la fougue des comédiennes. La pièce échappe avec intelligence aux pièges du pathos et dessine avec une sensibilité à fleur de peau un portrait d’une bouleversante justesse.

La Terrasse

Trois comédiennes interprètent ce rôle puissant et émouvant, « pour mieux suivre la véhémence de la parole et la pensée inconsciente » de cette mater dolorosa, « sublime, forcément sublime », aurait dit Marguerite Duras...

La Théâtrotèque

Le style est construit dans un rapport au présent, les mots sont simples, violents, émouvants et intensément humains. Marion Duquenne et Marie Provence jouent à jeu égal avec Lucile Oza car chacune apporte sa propre identité pour la caler par séquence dans ce film en technicolor dont la V.O. est écrite en noir et blanc. Surprenants et magnifiques sont les extraits des comédies musicales américaines chorégraphiées avec talent.

Séances et tarifs

Génerique

Mise en scène : Marie Provence • Assistante à la mise en scène : Laurène Fardeau • Collaboration artistique : Céline Champinot • Avec : Marion Duquenne, Lucile Oza ou Audrey Lopez, Marie Provence • Chorégraphie : Aurélien Desclozeaux • Scénographie et lumières : Agathe Argod • Costumes : Catherine Oliveira • Mixage sonore : Yann Hurtado • Régie : Jean-Louis Alessandra


Production : 7Ciel • Coproduction : Théâtre du Jeu de Paume • Avec le soutien de la ville de Marseille, du FIJAD, DRAC et Région Paca, de la SPEDIDAM, de l’ADAMI, Département des Bouches du Rhône dispositif « Provence en scène » et des Nuits de L’Enclave • Accueil pour la création : Théâtre de la Joliette, La Friche de la Belle de Mai, Scènes et Cinés Ouest Provence, Le Pôle Nord (Agence de voyages imaginaires) • Texte publié chez Lansman Editeur • L'accueil de Zoom au ZEF - scène nationale de Marseille est financé exclusivement par le Département des Bouches-du-Rhône