du 18 au 19 mars 2021

Théâtre

Les petites filles

Marion Pellissier

Cie La Raffinerie

© Philippe Schaff
© Philippe Schaff
© Philippe Schaff
© Philippe Schaff
© Philippe Schaff
© Philippe Schaff

Présentation

Aglaé, Madelle, Fifi, Marthe, la môme Rosie, Nicole… Qu’ont bien pu faire ces femmes pour mériter leur peine, pour se retrouver enfermées dans ce lieu jamais nommé, prison, centre de redressement, foyer ou asile ? Dans leurs uniformes bleus, les voici alignées devant nous, gueules d’anges, paroles choisies et gestes étudiés.  

Imaginé comme un show de télé-réalité, la nouvelle création de Marion Pellissier intrigue et nous interpelle nous, spectateurs. Car nous voilà endossant, à notre corps défendant, le rôle de voyeurs, de juges. Toutes ces femmes s’efforcent en effet de nous convaincre qu’elles se sont rachetées, qu’elles font de leur mieux, qu’elles méritent de revenir parmi nous, les vivants en liberté. Chacune déploie des trésors d’imagination pour se vendre au mieux. Rivalise d’adresse pour paraître à son avantage, gracieuse, convaincante et repentie. Pour échapper à son sort. Mais hors des projecteurs, les masques tombent, le jeu vole en éclats et la nature humaine reprend ses droits. Les bouches se tordent et les langues se délient. Et dans la salle, abasourdis, nous voilà à démêler l’être et le paraître... 


Note d'intention
« Le titre "les petites filles" nous pousse très vite à imaginer un orphelinat, et tant mieux. J’aime que la piste de l’orphelinat traine et macule un peu toute l’histoire par un peu d’impudeur. En réalité Les petites filles est un texte qui traite de l’image sociale, de la survie et de la place que nous prenons dans la société. Celle qu’on nous donne ?
J’ai voulu écrire pour des actrices, j’ai voulu que des femmes aient des mots d’actrice à dire, pas toujours beaux et grands, parfois ridicules et mesquins, parfois intimes et médiocres. J’ai voulu dire ce que c’est que se vendre. Ce qu’est la perversité de se vendre au quotidien. L’absurde face à la représentation et au sévère contrôle de soi. Se vendre et attendre. L’espoir dans l’attente. Le regard perdu, tendu vers un désir, ignorant absolument tout le reste, jouer le jeu le temps de l’espoir. Je voudrais sonder le comportement de ceux qui se savent observés, interroger ce que nous savons de nous-même, ce qu’on s’impose d’être face à un groupe. Savons-nous réellement ce qui nous met en valeur ? Ne nous leurrons-nous pas sur nos vérités, sur nos atouts, sur ce que l’autre voudrait voir de nous ? Est-ce que tenter d’être celui que l’autre veut que je sois, n’est pas déjà un échec face au réel ? Quelle est la meilleure arme dans la guerre du paraître ? Sans cesse vouloir prouver quelque chose. À qui ?  
J’ai voulu m’interroger sur ce que nous mettons en œuvre pour nous montrer, ou ne pas montrer qu’on se montre. La télé-réalité a posé fortement la question du voyeurisme. Que cherchons nous réellement à voir chez l’autre ? Où se trouve le nœud que nous cherchons à démêler en nous observant dans ce miroir déformant ? Quel cliché de nous-même avons-nous forgé ? Quelle justice nous offrira la société de demain ? »
Marion Pellissier


Biographie
Après son bac, Marion Pellissier reçoit le Prix d’écriture de la Jeune nouvelle de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques. Autrice, comédienne et metteur en scène, elle se forme au Conservatoire de Lyon dirigé par Philippe Sire, puis à l’ENSAD de Montpellier, dirigée par Ariel Garcia Valdès, dont elle sort en 2012.
Elle travaille aux côtés de Cyril Teste – Collectif MxM comme assistante à la mise en scène et dramaturge, notamment pour les performances filmiques Nobody et Festen. Ses textes Pleine, Ça occupe l’âme et Les Petites filles sont lus lors du festival Texte En Cours à Montpellier. En 2016, elle écrit C’est ainsi que l’hiver nous dévore pour En Acte. Lors de résidences d’écriture à La Chartreuse d’Avignon, elle rencontre la compagnie Moebius pour laquelle elle écrit le spectacle R (remplacer) mis en scène par Sophie Lequenne. En 2017, elle met en scène son texte Ça occupe l’âme qui sera joué, entre autres, au Théâtre de Saint- Quentin-en-Yvelines, et au 104 à l’occasion du festival Impatience. En 2018, elle devient artiste associée au Théâtre de Saint-Quentin-en- Yvelines, qui accueille la création Les Petites filles en mars 2019.

Séances et tarifs

Autour du spectacle

Jeudi 18 mars

Théâtre

Rencontre à l’issue de la représentation

Génerique

Jeu : Charlotte Daquet en alternance avec Carole Costantini, Zoé Fauconnet, Jessica Jargot, Julie Mejean, Savannah Rol et Marie Vires• Musique : Jean-Baptiste Cognet• Son : Thibault Lamy • Vidéo : Nicolas Doremus et Nicolas Comte • Lumière : Jason Razoux • Texte et mise en scène : Marion Pellissier • Administration : Caroline Chavrier • Production et développement : Juliette Medelli (copilote, coopérative de production)


Production : La Raffinerie • Coproduction : Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines - Scène Nationale • Soutiens : Printemps des comédiens, Collectif MxM, LE ZEF – scène nationale de Marseille, Théâtre de la Vignette à Montpellier, Théâtre des 13 vents à Montpellier, Festival Texte en cours de l’ENSAD de Montpellier • La Raffinerie bénéficie de l’aide de la région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée, de la DRAC Occitanie et de la ville de Montpellier • Ce texte est lauréat de l’Aide à la création de texte dramatique – ARTCENA