Le 21 janvier 2021 à 20h30

Cirque

Le pas grand-chose Conférence pataphysique ludique

Johann Le Guillerm

Compagnie Cirque ici

© Philippe Cibille
© Philippe Cibille
© Philippe Cibille
© Philippe Cibille
© Philippe Cibille
© Philippe Cibille

Présentation

« Tant qu’à vouloir faire le point sur le monde qui m’entoure en tentant une diffraction globale, faire le point sur le point me semble finalement une ambition raisonnable et irréductiblement modeste. » Johann Le Guillerm

Partir d’un point, de "pas grand-chose" et pénétrer, dès les premiers mots, dans le cerveau de Johann Le Guillerm, conférencier rebelle pour l’heure. À la manière des scientifiques, cet alchimiste du futur expose ses recherches sur l’équilibre, les formes, les points de vue, le mouvement et l’impermanence. Grâce à un établi mobile équipé de caméras - imaginé et construit grâce à ses talents d'ingénieur circassien - il teste, multiplie les démonstrations, livre le résultat de ses expérimentations et en tire des déductions aussi logiques que déconcertantes. D'une main de chorégraphe, il trace à la craie des signes et leur invente une existence plastique et poétique, dans un univers à la croisée des arts et de la science. 

Le pas grand-chose, c’est l’éloge de l'idiotie comme remède aux prêt-à-penser, c’est un festival de petits riens, de coïncidences possibles et (in)imaginables, pour nous faire (re)vivre les étonnements de notre enfance devant le monde… De quoi en rester coi à tout âge ! 


Note d’intention
"Si ce que je vois me cache toujours quelque chose qui est derrière ce que je vois, quelle science peut affirmer fournir des clés sérieuses de compréhension du monde ? Et si on reprenait tout à 0 ? Partir du pas grand-chose, un point, un minimal. Décider que comme la cellule ou l’électron, il sera l’élément d’un tout, ici, l’Univers. Observer, expérimenter, chercher des solutions pataphysiques, cette science du particulier qui a fait de l’exception sa règle et ouvert la voie aux solutions imaginaires… Dès les premiers mots, on sait que l’on pénètre le cerveau d’un chercheur rebelle à l’enfance troublée. D’affirmations au pied de la lettre en élucubrations ahurissantes, le conférencier teste, démontre, déduit, livre à vue le fruit de ses expérimentations aussi hasardeuses et loufoques qu’essentielles et vertigineuses. Éloge de l’idiotie comme remède aux prêt-à-penser, Le Pas Grand-Chose explore un "tour de vide" rempli d’interrogations abyssales. Mais derrière l’absurdité des raisonnements, affleure une philosophie de l’à peu près ou de l’infime différence - question de point de vue - qui contient sans doute toute la réalité.
Il y a du génie - non répertorié - derrière cette pensée réfractaire à nos logiques ordinaires. Et comme un appel d’air aussi face à l’ordre établi. Et si aucune nouvelle science ne s’invente là, il reste l’essentiel, une poésie singulière nimbée d’un nuage de craie devenu poussières d’étoiles. Le Pas Grand-Chose est aux confluents de la conférence, de la performance et du spectacle. Le dispositif emprunte donc à la conférence, la forme ritualisée : discours, plateau, micro. Créé pour le spectacle, un "établi mobile" a été construit dans la veine des chariots que l’on peut voir à travers Les Imaginographes*. Dans cet établi à multiples tiroirs, Johann Le Guillerm expérimente en direct ses observations autour du point. Filmées par deux caméras, celles-ci sont retransmises sur un écran, face au public.
D’autres images, elles aussi projetées, mais pré-filmées, viennent s’alterner au filmage en direct.  Elles sont extraites de ses observations sur "les alphabets universels" : tous signes repérés dans la nature, l’architecture ou d’autres cultures. Ces signes qui forment un langage universel traversent toutes ses recherches. Ils sont comme le sous-texte d’une quête de formes de commu-nication qui appartiendraient à tous, seraient accessibles à chacun.
Le Pas Grand-Chose se joue dans un dispositif frontal. Les expériences menées à vue engagent la parole mais aussi la démonstration et le corps. À la fin de la conférence, l’établi se transforme en véhicule à locomotion inconnue."
Johann Le Guillerm

* Les Imaginographes sont construits comme un parcours dans le laboratoire d’un chercheur. Un laboratoire dans lequel nous sommes invités à regarder, ressentir, toucher et réagir. L’exposition est organisée en différents pôles thématiques qui représentent les pistes de travail de l’artiste, chacune explorant la question du point de vue sur ce qu’on voit ou ce qu’on ne voit pas. Chaque pôle présente des outils*, objets interactifs que l’artiste a rendus accessibles pour que chacun puisse à travers la manipulation en faire l’expérience à son tour.


Biographie 
Johann Le Guillerm est issu de la première promotion du CNAC. Il a travaillé avec Archaos, participé à la création de la Volière Dromesko et co-fondé le Cirque O. En 1994, il crée sa propre compagnie, Cirque ici et un premier spectacle solo, Où ça ?
Le travail de Johann Le Guillerm a été récompensé par le Grand Prix National du Cirque (1996), le Prix des Arts du Cirque SACD (2005) et le Grand Prix SACD en 2017 pour l’ensemble de son travail. En 2001, il s'engage entièrement dans Attraction, vaste projet de recherche qui interroge l’équilibre, les formes, les points de vue, le mouvement… Se définissant praticien de l’espace des points de vue, il fait voler en éclat les disciplines traditionnelles du cirque.
Attraction est une recherche qui se matérialise dans des formes variées : Un laboratoire de recherche autour du point, des sculptures en mouvement, des outils d’observation, des sculptures autoportées, des poèmes graphiques, un observatoire d’objets planants, un spectacle sous chapiteau, une conférence spectacle… autant de formes qu'il y a de chantiers et de points de vue sur le monde.

Voir, écouter et lire

08 avril 2017

Télérama

Le Guillerm est un manipulateur de fond il aime la longue durée et il savoure le minuscule. II bâtit une cosmogonie personnelle d’un charme étrange et d’un humour pataphysique nouveau dans laquelle on plonge avec délice, tous neurones aux aguets.

Emmanuel Bouchez

25 mars 2017

Le Monde

 (...) Johann Le Guillerm n’avait pas seulement étudié l’acrobatie, mais aussi le clown. Cette dimension burlesque, inexplorée jusque-là, éclate dans Le Pas Grand Chose : un burlesque à la Buster Keaton, impavide et lunaire, à l’équilibre aussi subtil que ceux auxquels il nous a habitués avec les performances physiques de Secret. (...)

Fabienne Darge

Séances et tarifs

Génerique

Conception, mise en scène et interprétation Johann Le Guillerm • Création lumière Anne Dutoya • Régie lumière : Flora Hecquet • Régie vidéo : David Dubost • Création Sonore : Alexandre Piques • Vidéo graphiste : Christophe Rannou • Costume Anaïs Abel • Fabrication et construction : Silvain Ohl • Déco Alexandra Boucan


Production Cirque ici • Coproduction : 2 Pôles Cirque en Normandie - La Brèche à Cherbourg – Cirque-Théâtre d’Elbeuf / Agora - Pôle national des arts du cirque de Boulazac / Archaos - Pôle National des Arts du Cirque Méditerranée / Le Grand T - Théâtre de Loire Atlantique / Le Monfort Paris / Tandem scène nationale / Théâtre de l’Agora - scène nationale d’Evry et de l’Essonne / Les Treize Arches - scène conventionnée de Brive / Le Volcan – Scène nationale du Havre / CREAC – La cité Cirque de Bègles • Johann Le Guillerm a été accueilli en résidence d’écriture au Monastère de Saorge dans le cadre de l’opération « Monuments en mouvement » du Centre des monuments nationaux • Résidences de création : Théâtre de l’Agora - scène nationale d’Evry et de l’Essonne, Le Channel - scène nationale de Calais, Comédie de Caen - CDN de Normandie, 2 Pôles Cirque en Normandie - La Brèche à Cherbourg – Cirque-Théâtre d’Elbeuf • Avec le soutien du Conseil département de l’Essonne • La compagnie est subventionnée par le Ministère de la Culture (DGCA et DRAC Ile-de-France), la Région Ile-de-France, la Ville de Paris et l’Institut Français /Ville de Paris