du 11 au 12 février 2021

Théâtre Danse

Désobéir

Julie Berès

Compagnie Les Cambrioleurs

© Axelle de Russe
© Axelle de Russe
© Philippe Re
© Willy Vinqueur
© Willy Vinqueur
© Willy Vinqueur

Présentation

Un spectacle qui fait du bien ! Portrait optimiste et vivifiant d'une jeunesse qui porte en elle le sceau d'une désobéissance joyeuse. Quatre jeunes filles, Sophia, Séphora, Lou-Adriana et Charmine, originaires de Kabylie, du Cameroun, de Turquie et d’Iran et ayant grandi en banlieue parisienne, livrent leur émancipation personnelle. Elles ont chacune enrichi le spectacle de leur propre histoire et de celle de leur famille. Comment se sont-elles inventées par-delà les assignations familiales et sociales qui les entourent ?  

Un jour il a fallu dire “non !”, non à la volonté d’un père, à la famille, à la tradition, aux injonctions de la société, au racisme, aux violences. Sans tabou, les quatre jeunes filles nous racontent. Ces souvenirs intimes, douloureux, drôles ou nostalgiques, nous touchent par leur justesse, leur vérité et posent avec intelligence, finesse et une apparente légèreté des questions sur la filiation et l’engagement. Comment construire sa propre vie sans détruire ses racines, affronter sa famille sans déchirement ni rupture ? C’est difficile, mais c’est possible ! Une leçon d’espoir et d’enthousiasme, à l'énergie communicative. On en sort forcement remonté à bloc, avec le sourire et l’esprit de révolte au cœur ! 


Note d’intention
« Depuis 2014, le Théâtre de la Commune confie chaque année à des artistes le soin de concevoir en quelques semaines un spectacle en prise avec les problématiques sociologiques et politiques actuelles, pour réinventer "la tradition du théâtre comme art politique". Pour répondre à cette invitation, nous sommes allés à la rencontre de jeunes femmes de la première, seconde et troisième générations, issues de l’immigration pour questionner chacune sur son lien à la famille, la tradition, la religion, l’avenir. Nous nous sommes emparés de leurs témoignages pour raconter leurs histoires à travers des fragments de pensées, de souvenirs, de soumissions conscientes ou inconscientes, de révoltes, de nostalgies curieuses... pour qu’inexorablement l’intime puisse se mêler à l’éminemment politique.
Le travail d’écriture de la pièce est intrinsèquement lié à la constitution du matériau de recherche  : un travail minutieux, de longue haleine, de rencontres et de collecte de paroles de jeunes femmes venues pour la plupart de banlieues, nous permettant de toucher au plus sensible de la réalité en stéréoscopie, à l’envers du tableau officiel médiatique (L’association des femmes sans voiles d’Aubervilliers, la Brigade des mères de Sevran, les élèves de l’option théâtre du lycée Le Corbusier d’Aubervilliers, l’association Mille Visages, le dispositif Premier Acte).
Il y a eu la rencontre déterminante avec six jeunes femmes de moins de vingt-cinq ans : Sophia Hocini, Séphora Pondi, Hatice Özer, Hayet Darwich, Lou-Adriana Bouziouane et Charmine Fariborzi et l’envie profonde de travailler avec elles. Chacune des jeunes femmes a nourri l’écriture du spectacle en apportant sa propre histoire et à travers elle, celle de ses parents. Nous aimerions faire entendre la façon dont ces jeunes femmes empoignent leurs vies, dans un monde souvent violent où il faut lutter pour tracer sa route. Nous souhaiterions dessiner une carte de la violence par un voyage non exhaustif. À l’écoute de ces voix de femmes dont la culture française se mêle à celles de Kabylie, du Cameroun, de la Turquie, de l’Iran.
À travers leurs témoignages s’entrecroisent des bribes d’aveux, de souvenirs contradictoires, d’évidentes soumissions, de nostalgies ambivalentes, de révoltes dans le désir de faire entendre, à travers les événements intimes et douloureux, les mythes et mythologies inconscients et collectifs.
S’y développent, je l’espère, des correspondances plus vastes, comme celle du féminin et de sa singulière trajectoire périphérique, de la double peine d’une génération aux prises avec la question de l’engagement, de la filiation, quand celle-ci, plus qu’un repère, devient un tourment.
Comment s’inventer soi-même ? Qu’est-ce qui fait bouger les lignes ? Qu’est-ce qui les fait trembler ? Dans quelle mesure a-t-on fait de certaines questions sociales des questions ethniques ?  »
Julie Berès


Biographie
Dans le paysage théâtral français, Julie Berès a la caractéristique de traduire sur scène les contours d’un « espace mental », loin de toute forme de naturalisme, et de concevoir chaque spectacle comme un "voyage onirique" où se mêlent éléments de réalité (qui peuvent être apportés par des textes, ainsi que par une collecte de témoignages) et imaginaire poétique. Julie Berès revendique une "pratique collégiale" dans l’élaboration des spectacles, en réunissant autour du plateau chorégraphes, idéastes, scénographes, plasticiens, scénaristes, créateurs lumières...
Née en 1972, Julie Berès a créé sa compagnie Les Cambrioleurs en 2001. Depuis, elle a été artiste associée au Théâtre national de Chaillot, au Théâtre Romain Rolland, de Villejuif, au Quartz, scène nationale de Brest, à la Comédie de Caen, CDN de Normandie, au Théâtre de Chelles, au Théâtre Anne de Bretagne, et ses spectacles ont été portés entre autres par la MC2 : Grenoble, l’Espace des Arts - scène nationale de Chalon-sur-Saône, la Commune - CDN d’Aubervilliers.

Voir, écouter et lire

Libération

Un spectacle sur les vertus de la désobéissance qui échappe cependant aux bons sentiments et au moralisme.

Anne Diatkine

L'Humanité

Quatre incroyables comédiennes, campent avec une énergie communicative et une force explosive des personnages troublants et insaisissables dont le discours nous hante bien après la fin de cet enthousiasmant spectacle.

M.M

Sceneweb

Une pièce magistrale qui parle sans tabous de sexualité, de religion, des rapports femmes/hommes, des relations familiales.

Stéphane Capron

Pariscope

Un coup de pied dans les préjugés, de l'indiscipline de la pensée, du corps révolté, le terrer pour regarder autrement la société, l'époque, sa complexité intrinsèque, ses contradictions, sa jeunesse souvent tue ou trop facilement étiquetée.

Marie Plantin

Séances et tarifs

Autour du spectacle

Jeudi 11 février

Rencontre à l’issue de la représentation

Génerique

Conception et mise en scène : Julie Berès • Avec : Ava Baya, Lou-Adriana Bouziouane, Charmine Fariborzi, Séphora Pondi • Texte : Julie Berès, Kevin Keiss et Alice Zeniter • Travail sur le corps : Jessica Noita • Scénographie : Marc Lainé et Stephan Zimmerli • Dramaturgie : Kevin Keiss • Costumes : Elisabeth Cerqueira • Création sonore : David Ségalen • Création lumière : Laïs Foulc • Création vidéo : Christian Archambeau


Production déléguée saison 2019/2020 : Compagnie les Cambrioleurs et précédemment le Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers • Avec le soutien du Fonds de Dotation Agnès Troublé dite Agnès B., du FIJAD, Fonds d’Insertion pour les Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur • La Compagnie les Cambrioleurs est conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Bretagne, par la Région Bretagne et par la Ville de Brest, et est soutenue pour ses projets par le Conseil Départemental du Finistère. Elle bénéficie du soutien du Ministère de la Culture dans le cadre du dispositif national d’appui à l’indépendance artistique • Elle est accompagnée par DeploY, programme international de Spectacle vivant en Bretagne

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