du 18 au 19 novembre 2020

Théâtre

Borderline(s) investigation #1 Une enquête édifiante sur les limites du monde et son effondrement

Frédéric Ferrer

Compagnie Vertical Détour

© Mathilde Delahaye
© Mathilde Delahaye
© Mathilde Delahaye
© Mathilde Delahaye
© Mathilde Delahaye
© Mathilde Delahaye

Présentation

Il y a de la prophétie et de l’anthropologie dans ce spectacle de Frédéric Ferrer. Des savants et des chercheurs exposent leurs travaux scientifiques et en tirent courbes et graphiques pour explorer les limites, les frontières du monde, mais aussi le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité voire l’effondrement d’une civilisation… Ces sujets vous semblent rébarbatifs ? Si le fond du propos est sérieux, fondé sur des sources documentaires authentiques, son traitement est heureusement jubilatoire. Sur scène, nos scientifiques déchaînés sont aussi clairvoyants que loufoques quand ils dissertent anthropocène et bouleversements. Et l’exercice devient carrément désopilant quand le décor semble se dérégler et que les schtroumpfs ou les vikings, sensés étayer leur démonstration, se manifestent en chair et en os. 

Géographe dans une autre vie, Frédéric Ferrer adore questionner le monde contemporain. Et pour bâtir ses spectacles, il se documente beaucoup, en s’appuyant toujours sur des enquêtes scientifiques. Auteur, metteur en scène mais aussi acteur, il campe ici l’un des quatre spécialistes extravagants convoqués au chevet de la planète. Aussi grinçant que percutant. 


Note d’intention (extrait)
Borderlines investigations : des enquêtes sur les frontières et limites du monde
Borderline(s) Investigations est le nom d’un nouveau cycle artistique (après les chroniques du réchauffement et les cartographies de l’Atlas de l’anthropocène) que je veux consacrer cette fois-ci à l’exploration des frontières et limites du monde.
En ces temps où les pressions anthropiques sur les milieux naturels, les écosystèmes, la biodiversité mettent gravement en jeu les grands équilibres de la planète ; où les scientifiques alertent sur l’entrée de la Terre dans une nouvelle période d’extinction massive du vivant (après la dernière qui a vu disparaître 70 % des espèces - dont les fameux dinosaures - il y a 65 millions d’années) ; où la forte augmentation attendue de la population mondiale d’ici 2050 risque de générer de multiples tensions pour l’accès à l’eau et l’alimentation ; où les disparités spatiales de développement se creusent ; où le politique et les différents systèmes mondiaux de gouvernance économique ne prennent pas en compte les signes de la catastrophe en cours, pourtant révélés chaque jour davantage par de nombreux experts et lanceurs d’alertes à travers le monde ; où les progrès de la science notamment dans les domaines de la génétique et de la modification du vivant, de l’astrophysique et de l’exobiologie, autorisent la possible invention de nouveaux scénarii de développement de l’être humain et du vivant sur Terre, et peut-être ailleurs... ;
Dans ce monde-là, fini et de plus en plus plein, où tout ce qui vit donc est soumis à des contraintes et dominations de toutes sortes et de plus en plus puissantes, la question des frontières et des limites (de la Terre, de la vie, de l’humanité, de la modification, du supportable) est devenue l’un des enjeux les plus prégnants de notre civilisation.
Au célèbre « l’homme est né libre, et partout il est dans les fers » de Rousseau, les Borderline(s) investigations répondront en s’intéressant à quelques-uns de ces fers que n’importe quel observateur extra-terrestre - qu’on finira bien par découvrir un jour - pourrait trouver singulier sur notre globe et dans la structure et les limites des entités, vivantes ou non, qu’on y trouve.
Point de défaitisme dans les Borderline(s) investigations face à l’ampleur de la tâche. Point de diagnostic de l’effondrement en cours sans réaction et volonté de trouver une solution.
Frédéric Ferrer


Biographie
Auteur, acteur, metteur en scène et géographe, Frédéric Ferrer crée son premier spectacle en 1994 avec Liberté à Brême de Rainer Werner Fassbinder puis conçoit des spectacles à partir de ses textes où il interroge notamment les figures de la folie (Apoplexification à l’aide de la râpe à noix de muscade et Pour Wagner) et les dérèglements du monde, à travers quatre cycles de créations. Dans Les chroniques du réchauffement, il propose une exploration des paysages humains du changement climatique. Il a ainsi créé Mauvais Temps (2005), Kyoto Forever (2008), Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le réchauffement climatique (2011), et récemment Sunamik Pigialik ? (Que faire ? en inuktitut), son premier spectacle jeune public, qui met en scène les devenirs de l’ours polaire (2014). Il a présenté à l’automne 2015, à l’occasion de la tenue de la COP 21 à Paris, le spectacle Kyoto Forever 2, second volet de sa mise en jeu des grandes conférences sur le changement climatique, avec huit comédiens internationaux devenus experts de l’ONU.
Parallèlement, Il commence à partir de 2010 la réalisation d’un Atlas de l’anthropocène, cycle artistique de cartographies théâtrales du monde, entre conférence et performance, où il traite de territoires inattendus. Après À la recherche des canards perdus, Les Vikings et les satellites, Les déterritorialisations du vecteur, Pôle Nord et Wow ! qu’il a présentés dans de nombreux théâtres et festivals en France et à l’étranger, il a créé en décembre 2017 une sixième cartographie, De la morue, en tirant ses filets depuis Saint-Pierre et Miquelon. Il travaille actuellement sur un nouveau cycle de création, les Borderline(s) Investigations, qui interroge les frontières et les limites du monde. Il créé en 2017 une performance Borderline(s) Investigation # 0 (après avoir effectué des vols paraboliques en apesanteur), puis le spectacle Borderline(s) Investigation #1 qui met en jeu - et joue avec - les signaux de l’effondrement. Il prépare pour 2021 la création d’un troisième volet, Comme des lapins.
Il a présenté au Festival d’Avignon Allonger les toits, avec le chorégraphe Simon Tanguy (dans le cadre des “Sujets à Vif” 2015), et Le Sujet des Sujets en 2017, un spectacle créé à l’invitation du Festival et de la SACD pour célébrer le 20ème anniversaire des "Sujets à Vif".
En 2019, il commence un nouveau cycle en partenariat avec La Villette, Olympicorama, proposition de mise en jeu des jeux olympiques, en plusieurs saisons et plusieurs épreuves jusqu’en 2024, où il invite à chaque fois, entre conférence et rencontre/débat, des personnalités du monde du sport et des champions et championnes olympiques.
Dans sa démarche, et semblable au géographe, qui fut longtemps considéré comme le spécialiste de rien, il aime davantage les frontières que le cœur des disciplines. Non pas la synthèse mais le frottement. Frédéric Ferrer écrit les textes et la dramaturgie des spectacles après un « travail de terrain », qui lui permet d’ancrer ses fictions à partir d’une source documentaire et/ou d’un espace réel. L’espace devient dans ses spectacles le lieu des possibles.
Après avoir dirigé de 2005 à 2015 Les Anciennes Cuisines, une fabrique artistique implantée à l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard, il développe depuis Janvier 2016, Le Vaisseau, un lieu de fabrique implantée au Centre de Réadaptation de Coubert où sont accueillis des artistes en résidence et où sont développées des actions artistiques avec les publics du centre et les habitants du territoire.
Il est Chevalier des Arts et des Lettres et a été Lauréat de l’Aide à la création dramatique du Centre National du Théâtre.

Voir, écouter et lire

27 janvier 2020

Sud Ouest

Face à l’ampleur de la tâche, Frédéric Ferrer aborde ici un sujet sérieux avec fantaisie et sans défaitisme : l’effondrement (science de la collapsologie). Sans résignation mais avec une volonté et un encouragement, il tente un réveil de la pensée et des initiatives. Un spectacle très documenté où l’humour explore l’absurdité et la folie du monde.

Thierry Collard

Décembre 2018

Sceneweb

Frédéric Ferrer orchestre une conférence où la scientificité de l’analyse des frontières se mêle à une loufoquerie sous-jacente qui en fait toute la saveur théâtrale.

11 novembre 2019

Télérama

Agrégé de géographie, cet irrésistible comédien écolo enchaîne les spectacles désopilants sur des sujets qui ne le sont pas.

Mathieu Braunstein

Séances et tarifs

Autour du spectacle

Mercredi 18 novembre

Théâtre

Rencontre à l’issue de la représentation

Génerique

Écriture et mise en scène : Frédéric Ferrer • Avec : Karina Beuthe Orr, Guarani Feitosa, Frédéric Ferrer, Hélène Schwartz • Création lumières - Régie générale : Paco Galan • Dispositif son et projection : Samuel Sérandour et Vivian Demard • Assistanat à la mise en scène et apparitions : Clarice Boyriven, Militza Gorbatchevsky (en alternance) • Images : Claire Gras • Costumes : Anne Buguet • Production - Diffusion - Médiation : Lola Blanc • Administration : Flore Lepastourel • Communication : Sophie Charpentier


Production : Vertical Détour• Coproduction : Théâtre Nouvelle génération – Centre Dramatique National de Lyon (69), Théâtre-Sénart, scène nationale (77), La Villette (75) • Avec le soutien de Le Vaisseau – fabrique artistique au Centre de Réadaptation de Coubert (77) • Ce spectacle a bénéficié d’un accueil en résidence d’auteur à La Chartreuse - Centre national des écritures du spectacle et d’une aide de la SPEDIDAM, Société de perception et de distribution des droits des artistes interprètes, ainsi que du programme « Résidence d’auteurs en impesanteur» de l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire arts-sciences du CNES • La compagnie Vertical Détour est conventionnée par la région Île-de-France et la DRAC Île-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication. Elle est en résidence au Centre de Réadaptation de Coubert – établissement de l’UGECAM Île-de-France.