du 11 au 12 mars 2021

Danse

Alle stelle (quatuor)

Ambra Senatore

CCN de Nantes

© Bastien Capela
© Bastien Capela

Présentation

Ambra Senatore aime nous surprendre et nous emmener, avec malice et un rien de provocation, sur des pistes, vraies ou fausses, avec lesquelles elle joue et se joue de nous. Toujours dans ses chorégraphies, des personnages se dessinent, des situations, des histoires, se déroulent. Les décalages inattendus, l’absurde, le détournement du réel, en sont les ingrédients. Elle n'hésite pas à créer l’étonnement, quitte à déclencher le rire. Fine observatrice de l’humain elle est constamment attentive, l’altérité est sa seconde nature et donne tout son sens à sa danse. C’est aussi pour cela qu’elle casse souvent le quatrième mur en rendant complices les spectateurs, n’hésitant pas à jouer avec certains, à les interpeller, à glisser de faux compères intervenant de façon importune et inattendue, au milieu des rangs. Elle avait depuis longtemps envie d’aller plus loin en impliquant les spectateurs dans la construction même de la pièce… et c’est avec sa bande de danseurs complices, comparses depuis dix ans, qu’elle réalise ce pari fou dans Alle stelle. Une belle mise en perspective sur l’acte de création, saupoudrée d’une pincée d’improvisation, et de quelques surprises, dont nous ne dévoilerons rien, consignes de la chorégraphe !


 

NOTE D'INTENTION


« Sur scène, dans une partie de l’intérieur d’un appartement ou d’un lieu de travail, on assiste à des passages de ceux qui habitent ce lieu. On commence d’abord à saisir les relations et éléments de leurs histoires, puis la pièce bascule quand les spectateurs, devenus familiers avec ces personnages et leurs situations, sont interpelés par les interprètes sur la suite de la pièce : les danseurs, confrontés à des choix, se questionnent sur les actions à suivre, et leurs décisions auront des conséquences sur les autres et sur l’évolution de la pièce. En proposant aux spectateurs de s’interroger avec nous sur la construction de la pièce, j’invite chacun à se positionner sur le sens de ses choix, à mesurer sa responsabilité, son engagement au sein d’une communauté constituée pour la soirée. »           
Ambra Senatore

 


 

BIOGRAPHIE


Chorégraphe et performeuse italienne originaire de Turin, Ambra Senatore est depuis 2016 directrice du Centre Chorégraphique national de Nantes. Sa danse se trouve à cet endroit ténu entre la construction de l’action, la fiction dans la répétition et la vérité de la présence. Au fondement de toute sa gestuelle se trouve le quotidien « observé à la loupe » qu’elle décale, renverse jusqu’à ce que le geste se fictionnalise, jusqu’à ce que la danse se théâtralise. Adepte des surprises, des cut, et des répétitions qui rappellent le cinéma, Ambra Senatore recompose le réel à la manière d’un réalisateur. Elle dirige le regard du spectateur, à lui de recomposer ensuite le puzzle de cette matière chorégraphique et des indices qu’elle sème. Cette façon de jongler avec les situations jusqu’à l’absurde fait affleurer une douce ironie. En Italie, elle se forme et collabore avec des artistes tels que Roberto Castello, Rafaella Giordano. En tant qu’interprète on la verra aussi travailler avec Jean-Claude Gallotta,
Giorgio Rossi, Georges Lavaudant. À la fin des années 90, elle crée des pièces en collaboration avec d’autres auteurs puis termine un doctorat sur la danse contemporaine (2004) avant d’enseigner l’histoire de la danse à l’Université de Milan. De 2004 et 2009, elle axe ses recherches chorégraphiques sur des soli qu’elle interprète : EDAsolo, Merce, Informazioni Utili, Altro piccolo progetto domestico, Maglie, L’ottavo giorno (créé avec Antonio Tagliarini) avant de passer à des pièces de groupe : Passo (2010) en version duo puis quintet, A Posto (2011), trio féminin et John (2012). Avec sa compagnie EDA, qu’elle créé en 2012 à Besançon, elle chorégraphie sa première pièce jeune public avec le texte de Fabrice Melquiot, Nos amours bêtes (2013), qui sera suivie en 2016 de Quante Storie, projet du dispositif « Au pied de la lettre », qu’elle compose en miroir avec Loic Touzé. En 2014 elle présente Aringa Rossa, pièce pour neuf danseurs à la Biennale de Lyon faite de duos, de tableaux, de dialogues recomposés. Après Pièces (2016), elle crée au festival 2017 d’Avignon Scena madre, spectacle pour sept danseurs où elle joue des codes cinématographiques.
Lorsqu’elle prend la direction du CCN de Nantes en janvier 2016, Ambra Senatore apporte dans ses bagages cette danse proche de l’humain, cette façon d’aller à la rencontre des personnes et des lieux. Sur le territoire nantais, elle propose des créations in situ dans les écoles (Petits pas et Pas au tableau) ou les musées, imagine des rendez-vous Primavera, Festival Trajectoires, chorégraphie les intermèdes dansés de l’opéra Cendrillon de Jules Massenet et se lance dans des Conversations (2019) avec des personnalités et des habitants pour partager des points de vue, des connaissances, des préoccupations autour de la démarche créative. En 2018, elle présente à la Maison de la musique de Nanterre, Giro di pista, bal participatif pour les enfants et les familles, co-écrit avec le danseur Marc Lacourt. C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’elle est en train de créer un duo.

Séances et tarifs

Génerique

Projet et chorégraphie : Ambra Senatore • Avec : Matteo Ceccarelli, Claudia Catarzi, Caterina Basso, Ambra Senatore • Conception sonore : Jonathan Seilman • Lumières : Fausto Bonvini • Regard extérieur : Elisa Ferrari, Tommaso Monza


Production : CCNN • Coproduction : Théâtre de la Ville (Paris), Torinodanza festival (Turin) • Le Centre Chorégraphique National de Nantes est subventionné par l’État, le Préfet de la région Pays de la Loire, la Direction Régionale des Affaires Culturelles, la Ville de Nantes, le Conseil Régional des Pays de La Loire et le Département de Loire-Atlantique